Le sumérien aux origines de nos connaissances

«L’Histoire commence à Sumer». Cette citation de l’historien américain Samuel Noah Kramer, qui deviendra par la suite le titre d’un de ses ouvrages, en dit long sur l’importance de cette ancienne région sumérienne où se trouve aujourd’hui l’Irak. En -3300 avant J-C, dans la région de Sumer en Mésopotamie, une révolution urbaine laisse apparaître une organisation sociale structurée. Les progrès majeurs de cette époque qui ont marqués l’Histoire, donnent naissance à la première langue humaine; le sumérien.

Une pluralité linguistique internationale

Les langues permettent, d’après la définition du Larousse, «une capacité chez l’Homme d’exprimer sa pensée et de communiquer au moyen d’un système de signes vocaux et éventuellement graphiques». D’après des chiffres émis par différentes sources ethnologiques, il existerait entre 6000 et 7000 langues sur Terre. Celle qui sont très peu pratiquée disparaissent et sont de l’ordre d’une vingtaine par an. «Chaque langue qui meurt est une culture qui s’éteint», souligne Virginie Lamotte pour le site «Nouvelle Europe».  D’après le site web scientifique « Futuroscopie », 97% des langues dans le monde ne sont utilisées que par un million de locuteur. Les langues minoritaires sont très nombreuses et illustrent une véritable richesse culturelle. Pour Federico Fellini, le réalisateur de cinéma italien « une langue différente est une vision différente de la vie ». Le mandarin reste la langue la plus utilisée(1,2 milliard) talonnée par l’espagnol (560 million)et l’arabe (315 million). Par ailleurs, le nombre de locuteurs anglophones varie  selon les sources. En 2012, Le Parisien affirme que la langue de Shakespeare est la plus comprise à travers le monde sans pour autant avoir une majorité capable de la maitriser couramment.  En 2018, le site web Atlasocio établissait le nombre de locuteurs anglophones à 1,1 milliard. Ainsi, il faut nuancer ces chiffres en différenciant la maitrise courante de la langue de sa simple compréhension.

L’écriture comme communication indélébile du progrès

L’arrivée massive des communautés humaines sur le territoire sumérien, il y a 5000 ans, a énormément contribué au développement de la région. Le progrès scientifique par le biais de l’astronomie et l’amélioration technique des transports de marchandises sont des avancés remarquables. Ces savoirs acquis, donnent lieu aux premières écritures effectuées sur des tablettes d’argile. Ces écrits demeurent intacts pour certains aujourd’hui, et ont permis de comprendre le fonctionnement d’un peuple qui, aujourd’hui encore, est connu comme la première civilisation humaine.

La naissance d’une langue

La multiplication des peuples sur les terres sumérienne était aussi une cause de rivalités humaines. En effet, les affrontements physiques étaient fréquents. C’est en cela que la langue sumérienne avait une force d’unification. Les chefs transmettaient leur messages avec clarté et nul ne pouvait faire semblant d’ignorer les ordres. Par ailleurs, cette rigueur a donné naissance à des organisations administratives et politiques ordonnées. La compréhension entre les citoyens était nettement plus simple. Deux millénaires avant J-C, les multiples communautés sumériennes de Mésopotamie vont laisser place à une seule et unique cité. C’est la naissance de Babylone.

Une langue disparue, pourtant éternelle

Aujourd’hui, le sumérien est considéré comme une langue morte. C’est-à-dire qu’il n’existe plus personne en capacité de le parler ou de l’écrire. Cette langue reste tout de même la fondation des communications intersubjectives. Il existe de nombreux ouvrages consacrés au peuple sumérien et à sa langue comme celui de l’enseignant britannique Piotr Michalowski, à l’origine de The Lamentation over the destruction of Sumer and Ur ou l’œuvre que nous évoquions de Samuel Noah Kramer intitulée L’Histoire commence à Sumer. Par ailleurs, une interprétation de l’épopée de Gilgamesh, le plus ancien texte sumérien au monde, a été réalisé par le chanteur Peter Pringle en 2017. (vidéo ci-dessous)

Ainsi, bien qu’aujourd’hui disparue, la langue sumérienne fait partie de la culture de l’Humanité et a permis le fondement des premières connaissances ; des progrès techniques et scientifiques puis également grandement contribué à l’unification des peuples.

 

 

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