Le laotien et sa puissance unificatrice

Partons à présent vers l’Asie où nous irons à la découverte d’une nouvelle langue. Situé entre la Thaïlande et le Vietnam dans le sud-est du continent, le Laos recense en 2018 près de 7,3 millions d’habitants. Sa langue, le laotien, a connu quelques évolutions au fil des siècles, pour devenir aujourd’hui une langue nationale. Il reste cependant nécessaire de la préserver pour ne pas qu’elle disparaisse.

Une pluralité linguistique régionale

L’Asie est le continent le plus peuplé de la planète avec, en 2019, une population de 4,6 milliards d’habitants, soit 59,7% de la population mondiale. Une population dense dans laquelle se mélangent les cultures et notamment les langues. L’intérêt que nous portons ici à l’étude du laotien est que cette langue est commune à la population d’un pays, le Laos, dans lequel il existe 80 langages différents. D’origine monosyllabique, la langue laotienne s’est enrichie au fil des siècles, au contact d’autres langues proche, pour devenir l’une des langues les plus parlées de cette région du sud-est asiatique. Par ailleurs, l’alphabet laotien est commun à celui de la langue thaï. Il comporte 38 consonnes et 27 voyelles, avec une écriture de gauche à droite.

Une typologie marquée

Chaque langue dans le monde détient sa propre typologie. Celle-ci diffère selon l’origine de la langue notamment du point de vue de la syntaxe, de la prononciation et de l’écriture. Du point de vue syntaxique, le laotien est proche du français, avec la suite du sujet-verbe-objet. (je lis un article). Ensuite, l’une des caractéristiques du laotien est sa typologie morphologique dite « isolante ». En effet, les mots sont invariables et ne s’accordent sans aucune façon, à la manière du chinois par exemple. Enfin, cette langue est « tonale » soit fondée sur la prononciation et l’utilisation d’un ton précis. Sans quoi certains mots perdraient leur sens.

Les différentes langues du globe sont généralement classées en famille d’origine, souvent  selon leur étymologie et ressemblances typologiques. Le laotien fait partie de la famille thaï-kadai qui regroupe environ 70 langues en Asie avec 55 millions de locuteurs-trices. La langue nationale des Thaïlandais, le thaï, est maitrisée par 25 millions de personnes quand le laotien n’en compte que 3 millions. A noter que la famille de langue la plus répandue sur Terre, est celle des langues nigéro-congolaise sur le continent africain. Ainsi, cette langue connu de tous au Laos, se démarque par son utilisation commune intersubjective, pour unifier en une langue, les dizaines d’autres qui y vivent au quotidien. La famille des langues thaï-kadai reste néanmoins une richesse culturelle qu’il est impératif de préserver.

Une langue à préserver

A la lecture d’un témoignage d’un jeune franco-thaï, nous comprenons que la langue laotienne a évolué au fil des années, influant sur sa compréhension pour ses descendants. D’après ce qu’il raconte, les jeunes à qui il a montré un texte vieux de trois générations, n’étaient pas en mesure de déchiffrer ce qui était inscrit. Il explique par ailleurs que ces langues, et notamment le laotien, sont apprises à l’oral dès le plus jeune âge mais que l’apprentissage est rarement consacré à la lecture, à l’écriture, et à l’histoire de la langue. Or, ce sont ces éléments qui permettent la pérennité d’une langue. Ce ne serait sans rappeler le dicton d’Horace, « les écrits restent, les paroles s’envolent ». Il existe par ailleurs des médias qui diffusent quotidiennement leurs informations en laotien (télévision, presse, radio, web) La langue laotienne est transmise aux nouvelles générations notamment pour son ancrage très important dans la culture nationale. Pour cela, c’est une langue pleinement vivante et loin de s’éteindre mais qui reste indéniablement à préserver

Voici ci-dessous une vidéo illustrant trois danses traditionnelles laotiennes accordées à leur chant respectif.  (les sous-titres aident à la compréhension, bon visionnage).

 

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2 commentaires

  1. bonjour,

    je ne trouve pas la puissance unificatrice dans ton article. explique moi s’il te plait.

    Par contre j’ai deux lien qui n’apportent rien dans ton article :
    le lien sur le vollume de population mondiale au debut et surtout la citation d’Horace en quoi çà apporte quelque chose à l’article ?

    c’est bien de mettre de liens, mais des liens utile c’est mieux

    merci

    1. Bonjour monsieur Bohu,

      ici, la puissance unificatrice était liée au rôle du laotien comme interface communicationnelle capable de regrouper les peuples, pour qu’ils puissent se comprendre. En effet, la pluralité linguistique est telle, que la compréhension intersubjectives est parfois difficile.
      Par ailleurs, j’essayerai à l’avenir d’insérer des liens plus utiles et pertinents.

      Merci de votre commentaire,
      Bien cordialement.

      Louis Floc’h

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