Le zoulou et sa flamme retrouvée

En route maintenant pour l’Afrique australe à la rencontre d’un peuple et de sa langue. Là-bas, la colonisation européenne a aussi eu son effet. Pourtant, la culture et notamment la langue de ce peuple  perdurent et sont aujourd’hui reconnus à travers la planète. Bienvenue en terre zouloue.

Famille et typologie

Le zoulou fait partie de la famille des langues bantoues. Cette famille regroupe environ 400 langues parlées dans vingt pays de l’Afrique subsaharienne.  C’est une branche de la grande famille des langues nigéro-congolaise qui compte autour de 310 millions de locuteurs. La définition de cette famille de langue est donnée en 1851 par le linguiste allemand Wilhelm Bleek, pour désigner les langues de l’Afrique centrale. Par ailleurs, le zoulou est une langue SOV (sujet objet verbe) à la manière du quechua que nous avons étudié récemment. C’est-à-dire qu’une syntaxe correcte devient « je l’article lis ». A noter que 40% des langues dans le monde fonctionnent de cette manière. Ensuite, c’est une langue agglutinante qui se sert de suffixes pour faire ressortir toutes les nuances grammaticales d’une phrase.

Un roi, une date

Le roi Chaka est le fondateur de la nation zoulou. Il était un combattant hors-pair qui a fondé son armée grâce à des hommes « en manque de richesses et d’aventures ». Lors des attaques de ses hommes, Chaka tuait un maximum d’ennemis en épargnant les enfants, les femmes et le bétail. Aussi, c’était un homme superstitieux qui se méfiait de l’influence. Pour cela, il tuait toutes les femmes qu’il mettait enceinte pour ne pas prendre le risque de se faire renverser par son futur fils. Plus tard, le 22 janvier 1879, les colons britanniques connaissent la plus lourde défaite de leur histoire, en Afrique australe. Celle-ci est perpétrée  par une armée de 20 000 combattants zoulous, sous les ordres de leur roi, Cetewayo, qui ordonne l’attaque de ses troupes, opposées au pouvoir imposé par les Européens. Surpris et peu protégés, les Anglais subissent l’attaque et perdent près d’un millier d’hommes dans l’affront. Le bruit de cet évènement ne perd pas de temps pour remonter à Londres. Dans la capitale anglaise, la tension est palpable et l’envie de répondre au massacre surprise du peuple zoulou est pressante. Le premier ministre britannique, Benjamin Disraeli, décide d’envoyer  10 000 hommes pour se venger. Après six mois d’intense combat, les terres zouloues sont prises et cette période marque la fin de l’Afrique indépendante.  Dès lors, la course des pays de l’Occident vers l’Afrique démarre.

Le zoulou aujourd’hui

Le peuple zoulou, aujourd’hui, représente environ 20 % de la population sud-africaine. Ses traditions sont encore vivantes, et s’expriment notamment à travers la musique, la danse et l’artisanat. Ainsi, au-delà de l’image d’un peuple guerrier, la culture zouloue va s’élargir au-delà des frontières sud-africaines. Johnny Clegg surnommé le « zoulou blanc », va faire connaître les chants et les danses zouloues à la planète entière. Ses tubes mêlent le chant zoulou et la guitare électrique. Dans les années 80, des groupes comme « Scatterlings Of Africa » ou « Asimbonanga », en hommage à Nelson Mandela, se font connaître dans le monde entier, jusqu’à donner vie à la culture zouloue dans l’environnement médiatique. A titre anecdotique, la célèbre chanson « Le lion est mort ce soir », poularisé aux Etats Unis et en France, est initialement d’origine zouloue. En effet, c’est le Zoulou Solomon Linda qui en est à l’origine, en 1939. Sinon, le tourisme occupe également une place en terre zouloue. Le village de Shakaland, reconstitué en 1984 pour un film américain, permet aux visiteurs de s’immerger dans la culture locale. Enfin, la pérennité de la culture et de la langue zouloue se fait par des transmissions entre les générations. Les médias et les écoles spécialisées en zouloues, comme il en existe dans les différents pays que nous avons étudiés, n’existent pas en terre zouloue.

Voici, comme chaque semaine, une vidéo en chanson du peuple présenté. Celle-ci est une chanson du « zoulou blanc », Johnny Clegg intitulée « Scaterlings Of Africa », avec des images du clip qui montre le peuple zoulou en train de danser, et plus particulièrement les jeunes « Scaterlings », qui signifie en anglais « les vagabonds ou sans domicile fixe ».

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