Le breton, une vie éternelle

Retour aux sources après ce beau voyage autour de la Terre. Cette fois, nous faisons escale en Bretagne, où nous parlerons d’une langue qui continue de vivre par différentes méthodes, pour le bonheur de ses locuteurs-trices, qui ont toujours l’objectif  de préserver cette richesse culturelle. « Bec’h ‘dei ! »

Aux origines du breton

Le breton est une langue d’origine celte qui a évolué au cours de son existence. En 60 avant J-C, l’Empire Romain de Jules César s’accapare la Bretagne et soumet les bretons  à ses ordres.  Ces derniers parviennent tout de même à préserver leur langue jusqu’en 476 après la chute de l’Empire Romain, qui laisse place à une période de construction de petits royaumes à travers le territoire. Vers le 12ème siècle et l’influence des Saxons, le breton et  les autres dialectes brittoniques se séparent pour former d’autres langues. La langue bretonne parlée sur le continent, le gallois et le cornique sur les îles. La langue bretonne est véritablement une langue régionale utilisée pendant plusieurs siècles et ce, jusqu’aux guerres du vingtième siècle. Dès lors, il est devenu interdit de s’exprimer en breton, notamment dès le plus jeune âge à l’école. L’instauration du français comme seule et unique langue autorisée dans un pays pourtant si riche en ressources linguistique, va faire vivre au breton, de longues années d’instabilité.

Les écoles Diwan

Les écoles Diwan en Bretagne n’ont cessées de se développer depuis des années avec le même objectif de préserver la langue bretonne. C’est en 1976, à Lampaul-Ploudalmézezau dans le nord- Finistère qu’est créée la première école Diwan, avec un enseignant pour six élèves. Depuis plus de quarante ans, ces écoles œuvrent pour la pérennité de la langue. Le programme scolaire est exactement le même que les autres écoles. Le financement des projets éducatifs, passe par l’organisation de Fest-noz, de vide-greniers et autres animations diverses. En 2019, 4307 élèves sont inscrits dans des écoles Diwan entre la maternelle et le baccalauréat. Depuis quelques années, le gouvernement reconnait de plus en plus l’existence de ce système immersif, mais peine à satisfaire ses demandes. En témoigne celle, depuis quelques années, de la part des lycéens Diwan de Carhaix, de pouvoir passer les épreuves de mathématiques du baccalauréat en breton.

Le bac en breton

L’idée est lancée il y a quatre ans, durant l’hiver. Les terminales du lycée Diwan à Carhaix, en pleine préparation de leur baccalauréat, apprennent qu’ils ne pourront passer ni les maths, ni les sciences économiques et sociales en langue bretonne. Pourtant, l’apprentissage de ces matières est intégralement effectué en breton. La demande est claire : obtenir l’autorisation de la part du Ministère de l’éducation nationale de passer, dans un premier temps, l’épreuve de mathématiques en langue bretonne. Depuis quatre ans, les lycées ont vécu des rebondissements dans ce projet qui se transmet entre les générations. La création d’une association officielle a permis une nette avancée de la demande, avec un gouvernement qui continue de rappeler que, seul le français ne sera toléré au baccalauréat. Il y a quelques jours, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a laissé entendre à la radio qu’une autorisation serait éventuellement envisagée sans évoquer les détails. En tout cas, le comité du bac en breton (bak et brezhoneg), ainsi que tous les défenseurs de la langue, continuent leur chemin, avec l’éternelle conviction que la langue bretonne n’a pas fini de vivre.

Les biens et services s’y mettent

La langue bretonne, en dehors de l’école, réapparait de plus en plus. Le bilinguisme des panneaux routiers, par exemple, montre la volonté par beaucoup, de voir la langue bretonne affichée publiquement. C’est le collectif « Ai’ta! » qui en est à l’origine avec comme objectif principal, de défendre et promouvoir la langue bretonne. Par ailleurs, la langue bretonne se répand dans l’univers médiatique. En effet, France 3 Bretagne propose un journal télévisé d’informations en breton de manière quotidienne dans la semaine, ainsi que des animations pour les plus jeunes. Plusieurs radios comme Arvorig FM ou France Bleu Breiz- Izel émettent en breton avec des sujets variés. Au service des citoyens, plusieurs avancées sont notables. Aux guichets de banque, la langue bretonne est proposée. Plusieurs commerçants aussi, ont décidé d’afficher leur maitrise du breton en accueillant volontiers des locuteurs-ices, pour échanger avec eux dans la langue régionale. Pour cela, un annuaire a même été lancé pour rechercher plus facilement les professionnels bretonnants. « C’est un atout pour les entreprises bretonnes », affirme les membres de « Mignoned ar brezhoneg » (les amis du breton, en français). Enfin, de nombreux organismes comme « Stumdi » ou « Ti ar Vretoned » permettent l’apprentissage du breton pour les adultes, avec des formules allant de simples cours du soir à des formations de six mois ou plus. Ainsi, lorsque l’on s’y intéresse davantage, nous comprenons que la langue bretonne est en renaissance auprès de nombreux citoyens de tout âge, et continue de se répandre par différents moyens. Cette langue n’a pas fini de vivre ! Ar yezh mañ ‘zo bev c’hoazh !

Voici, comme toutes les semaines, une vidéo musicale dans la langue et la culture présentée. Ci-dessous, l’hymne breton « Bro Gozh ma zadoù » (le vieux pays de mes ancêtres) chanté par Alan Stivell, Gilles Servat, Tri Yann, Louis Capart, Soldat Louis, Renaud Detressan, Gwennyn, Clarisse Lavanant, Rozenn Talec et Cécile Corbel.

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