Mon entraineur de tennis était un violeur

Non, ce n’est ni une blague ni l’un de ces titres aguicheurs parmi tant d’autres. Si mes souvenirs juvéniles peinent à revenir, il y a de fortes chances que durant mon apprentissage, un certain Bruno Balbine m’ait entrainé au tennis. Ce même homme qui, d’après la récente enquête de Disclose, avait été condamné à deux ans de prison ferme pour viol et agression sexuelle sur mineure.

Imaginez ma tête après avoir lu l’enquête de Disclose qui secoue actuellement l’ensemble des associations sportives de par son retentissement médiatique. Les journalistes de ce média d’investigation à la sauce américaine, ont enquêté sur plus de 77 affaires à travers 28 sports différents pour finalement recenser 276 victimes ayant majoritairement moins de 15 ans.

Sur la carte qui répertorie l’ensemble des affaires traitées, figure un point rouge au niveau de Brest. Cette affaire est celle de Bruno Balbine, un professeur de tennis qui aurait été condamné en 1999 à deux ans de prison ferme (d’après Le Télégramme) pour le viol et l’agression sexuelle d’une mineure de moins de 15 ans. Cette sanction s’est accompagnée  d’une interdiction d’exercer auprès de mineurs pendant dix ans. Le cumul des années de détention et d’interdiction d’entrainer des mineurs fait que l’on ne penserait pas le revoir avant 2019 (minimum) sur les cours de tennis.

Des coïncidences qui font froid dans le dos

Pourtant, suite à quelques rapides recherches, plusieurs documents ou postes sur le web démontrent que Bruno Balbine avait déjà retrouvé un poste d’entraineur auprès de jeunes brestois, qui plus est mineurs, dans les environs de Brest. Une circulaire d’inscription pour la saison 2016-2017 dans le tennis club de Penfeld  Brest Université, mentionne noir sur blanc qu’il assurera les cours de l’école de tennis qui regroupera des jeunes de 6 à 17 ans. Cela ne s’arrête pas là, Le Télégramme assure que, dés 2013, l’homme en question est déjà entraineur auprès de « jeunes et moins jeunes » au tennis club de Milizac. C’est dans cette même ville que j’habite encore aujourd’hui et où j’ai pratiqué le tennis dans le courant de ces années. Des coïncidences qui ont de quoi faire froid dans le dos…

Cet exemple qui me concerne à titre personnel doit plus largement amener à la réflection les multiples acteurs du milieu associatif français dans lequel les jeunes sportifs sont licenciés. Comment un pédophile condamné par la justice, peut-il se retrouver à exercer en contact direct avec des mineurs ?

L’enquête glaçante de Disclose tire véritablement la sonnette d’alarme et sème le doute dans l’esprits des parents de jeunes sportifs. Celle-ci souligne que sur les 77 affaires recensées, 59 d’entre-elles se caractérisent par l’occupation d’un poste malgré une condamnation ou une procédure judiciaire. Comment est-ce possible ?

Vers une remise en cause du système associatif ?

L’une des réponses tient tout simplement du fait que les associations reposent sur le bénévolat. C’est à dire, sur la bonne volonté de celles et ceux qui acceptent gracieusement de donner de leur temps. Pour cette raison et parce que la loi ne l’oblige pas, les associations sportives ne recrutent pas leurs encadrants en exigeant une vérification du casier judiciaire. Cela explique donc pourquoi de nombreux individus , une fois leur peine écopée, peuvent aisément retrouver une place dans un nouveau club et ainsi renouveler leurs méfaits.

Dans le cas de Bruno Balbine, malgré la ras de marée médiatique de l’enquête, le site du Tennis club de Milizac affiche encore son statut de responsable des cours de perfectionnement et des cours débutants pour les jeunes et les adultes. Celui-ci a donc gagné en importance au sein du club et reste en contact quotidien avec des mineurs. Ce sont autant de facteurs qui augmentent les opportunités en vue d’une récidive. Disclose précise que 36 des 77 agresseurs sexuels ont récidivé. Un chiffre qui a de quoi inquiéter les parents des jeunes tennismans milizaquois…

Football européen et racisme : une incohérence qui perdure

Ce samedi avait lieu l’un des derbys les plus attendus de première ligue anglaise, opposant Machester United et Manchester City. Outre la victoire des rouges et noirs sur le score de 2 buts à 1, la rencontre aurait été teintée d’actes discriminatoires envers les joueurs. Suite au match, un suspect de 41 ans a été placé en garde à vue pour des gestes qu’il aurait commis pendant la rencontre. Cet incident mineure n’a pas eu, en apparence, de conséquences directes sur le match. Mais il est loin de faire partie de la majorité des cas dans ces affaires qui marquent l’actualité sportive de manière quasi-hebdomadaire.

Le « poseur de bombe »

Voilà un sympathique surnom attribué par des supporters adverses au joueur égyptien Mohamed Salah, lors de la rencontre Chelsea-Liverpool. L’Europe toute entière serait touchée par ce phénomène de racisme, de manière plus ou moins importante comme c’est le cas en Espagne ou en Italie. Si l’on semble assister à une augmentation du nombre de discriminations raciales ces temps-ci, les chercheurs spécialistes de cette question préviennent qu’il n’existe aucune donnée statistique permettant d’étayer ce sentiment partagé de façon unanime dans les stades. D’après l’analyse de Nicolas Bancel, ces comportements seraient plus largement l’expression d’un phénomène qui dépasse le domaine sportif. Dans toute l’Europe, on assiste depuis quelques années à une montée des nationalismes, ainsi qu’à la libération d’une parole qui est longtemps restée tue parce que honteuse, et qui ne l’est manifestement plus « , souligne l’historien du sport à l’Université de Lausanne.

Lors d’un match avec le Barça, Dani Alves a mangé une banane qui lui avait été jetée dessus à l’occasion d’un corner. Un geste anti-racisme qui avait fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Cela fait maintenant des années que le football européen fait l’objet de discriminations, et 2019 s’inscrit dans cette continuité. Cette année encore, de nombreuses arrestations pour propos ou gestes racistes ont eu lieu suite à des rencontres à différents niveaux. Plusieurs match ont été stoppés voir même reportés suites à certains comportements inacceptables des supporteurs. Certains joueurs, souvent pris à parti, n’en peuvent plus et témoignent de leur exaspération sur le terrain et sur les réseaux sociaux.  Si ces affaires qui gangrènent les premières divisions sont abondamment relatées dans la presse, elles apparaissent aussi dans les divisions sous-jacentes, même si elles sont moins mises en avant par les médias.

La France n’échappe pas à ces travers qui ternissent toujours autant la réputation du football. En 2007, l’affaire Boubakar Kébé avait défrayé la chronique et fait couler énormément d’encre dans les médias généralistes et sportifs. Insulté et discriminé par des supporteurs de Bastia, le joueur de Libourne-Saint-Seurin avait écopé d’un carton rouge pour sa réponse à la foule par un bras d’honneur. Le club de l’île de Beauté avait été condamné par la commission supérieure d’appel de la Fédération Française de Football à perdre un point au classement général. Une condamnation historique dans le football français.  Depuis, le football français semble moins marqué par ce genre de dérapage. Malheureusement, le racisme aurait laissé sa place à l’homophobie ces derniers temps. Or ce changement progressif pose question. Est-il un simple effet de mode ou le fruit des efforts de la
fédération ?

Quelles sont les réponses des officiels ?

Il semblerait aujourd’hui que la majorité des acteurs du football européen aient pris conscience de l’ampleur du phénomène. Si les matchs faisant l’objet de ce genre d’incidents sont de plus en plus interrompus lorsque cela arrive, les joueurs apprennent à faire avec. Mais qu’en est-il des solutions prises par les dirigeants des grandes instances du football ?

Dans une interview accordée au magazine italien GQ portant sur son avenir, Zlatan Ibrahimović évoque également sa vision des sanctions qui devrait être appliquées pour mettre fin au racisme dans les stades. « Mettre le t-shirt ‘Non au racisme’, c’est bien, mais cela ne résout pas le problème. Mieux vaut enlever trois points, arrêter le match et perdre de l’argent, de telle sorte que vous risquez d’être relégué en Série B. Vous devez être stricts, les gens ne comprennent pas jusqu’à ce qu’ils paient les conséquences » s’est-il indigné. La star suédoise fait ici référence aux maigres mesures prises par l’UEFA censées répondre à l’expansion de ces discriminations à caractère racial. Outre des efforts financiers mise en place dans des actions de préventions, les « sanctions » évoquées ne sont que très rarement appliquées puissent qu’elles concernent les joueurs et les membres du staff des équipes. Or la grande majorité des méfaits proviennent directement des travées.

Si en France et en Angleterre les dirigeants des clubs et les représentants des ligues s’accordent sur les protocoles et la mise en place de sanctions plus lourdes, en Italie la situation est toute autre. Les officiels de la ligue italienne soutiennent qu’aucune forme de racisme n’est a déplorer au sein de celle-ci. Pourtant, des affaires aussi flagrantes que celle de Romelu Lukaku ou de Mario Balotelli ont touché l’ensemble des amoureux du ballon rond. Mais dans un pays où le racisme semble encore ancré dans les mentalités des générations les plus vieilles, il apparait presque impossible d’avancer sur ce point. Même les médias véhiculent des discriminations raciales dans leurs articles, comme ce fut le cas de la une du Corriere dello Sport qui a récemment fait scandale dans le Monde entier.

Au-delà du football en lui-même, il s’agirait d’anéantir le racisme à l’échelle planétaire. Si cet objectif semble encore loin d’être envisageable, on peut se demander si le football finira un jour par ne plus subir les conséquences du racisme dans les tribunes sans en interdire l’accès. Les matchs à huis clos parviendraient à ne plus laisser entrer le racisme dans les stades, mais laisseront avec lui des milliers de fans qui paient très chers pour assister aux rencontres de leur équipe de coeur. Une telle décision tiendrait donc d’un non-sens économique et social.

 

Parkour/Freenrunning : quand les jeunes se mettent en danger en reproduisant leurs idoles

Connaissez-vous la Storror, la French Freerun Family ou encore Hit the Road ? Si ces noms ne vous disent rien, il y a fort à parier que vous n’êtes pas un grand fan de Parkour, puisque ces collectifs regroupent les traceurs les plus en vogue du moment sur le web. Malheureusement, de plus en plus d’adolescents tentent d’imiter ces rois de l’acrobatie, sans même se rendre compte qu’ils risquent leur propre vie.

Le Parkour est un sport qui se développe en France à vitesse grand V, notamment depuis que les meilleurs athlètes parviennent à rassembler une large communauté via les réseaux sociaux. La discipline surnommée « art du déplacement », consiste à se mouvoir à travers divers environnements (majoritairement en zones urbaines) par le seul moyen de son corps. En enchaînant les courses, passements d’obstacles, sauts en tout genre et escalades périlleuses, les traceurs sont sujets à un entrainement d’envergure qui fait d’eux des athlètes très complets, emprunts à une grande motricité.

La pratique made in France, née dans les années 1980 du côté d’Évry, a été portée par une bande de copains qui deviendront les premiers traceurs de l’Histoire. En se regroupant, ils formeront les Yamakasi et joueront leur propre rôle dans un film éponyme en 2001, date à laquelle on associe la création du Parkour. Avec le temps, le sport s’est développée enfantant d’une nouvelle discipline jumelle : le Freerunning. Celui-ci se concentre sur la beauté et l’esthétisme du mouvement tandis que le Parkour se concentre davantage sur une optique de performance et de dépassement de soi.

Des stars, une communauté et le danger

Le phénomène Parkour a pris de l’ampleur lorsque les traceurs ont perçu le potentiel immense des vidéos de leur sessions d’entrainements. Un mélange  d’images filmées à la première personne, de valeurs fortes, de sensations extrêmes liées au risque et de décors toujours plus grandioses, a permis à de nombreux traceurs de voir leurs vidéos mises en avant sur Youtube. C’est d’ailleurs le cas pour les collectifs cités plus en amont de cet article. Lorsque ces derniers s’associent à des équipes de réalisation professionnelles, certaines vidéos deviennent de réels chefs d’oeuvre artistiques qui suscitent l’admiration d’un vaste public.

Cette vidéo de la French Freeruen Family en collaboration avec un producteur américain en est le parfait exemple. Elle totalise aujourd’hui plus de 81 996 341 vues sur Youtube.

Après avoir été mis sur le devant de la scène, les traceurs sont devenus des stars d’internet, véritables sources d’inspiration pour de nombreux adolescents qui tentent de les imiter.  Or, de par leur format court de vidéo, le montage ne permet pas de garder les clips d’entrainement ni de préparation aux exploits qu’ils partage en ligne. Par conséquent, le jeune public ne se rend pas forcément compte de tout ce qu’implique chacune des prouesses physiques que ces traceurs surentrainés réalisent dans leurs vidéos.

Malgré le peu de médiatisation dont ils font l’objet, les accidents d’adolescents en pleine séance de Parkour ne sont pas rares. Le 27 avril 2017, au Québec, un jeune traceur de 18 ans meurt électrocuté en escaladant la clôture d’un transformateur. Plus récemment en France, un casselois passe à travers un toit en plaques après avoir sauté de la toiture voisine. Après une chute de trois mètres, le jeune de 16 ans se retrouve hospitalisé pour un traumatisme crânien.

Une faible maitrise du phénomène

Conscients du problème, les traceurs avertissent de plus en plus leur public en affichant systématiquement des messages de prévention concernant les risques avec lequels ils s’amusent. D’autre choisissent d’avertir leurs fans, en parlant directement à leur communauté à l’image de Vintage Tran, le cameraman de la French Freerun Family (3F) dans plusieurs de ses vidéos (4;02 à 6;29). Enfin, la grande majorité choisissent de couper les séquences d’accès aux endroits dangereux et rappellent qu’ils sont des professionnels, comme c’est le cas pour les membres de la 3F (0;12 et 5;46).

Vintage Tran a lancé sa chaine youtube en solitaire pour partager son quotidien de photographe sur les toits de Paris.

Les grands défenseurs de la pratique comme ses meilleurs représentants sur le terrain, prônent tous la longévité des pratiquants de ce sport. Pour eux, les exercices et les exploits doivent être adaptés à la pratique de chacun. Tous les traceurs doivent connaitre leur corps et s’exercent au Parkour de manière à le pratiquer le plus longtemps possible. Or la grande majorité des accidents en Parkour surviennent suite à un enchaînement mal, voire pas préparé du tout. Les jeunes peuvent tracer comme leurs idoles, et pour ça ils n’ont pas besoin de se rendre sur les toits.

 

Une finale mondiale de League of Legends à Paris qui relance les débats sur l’esport

Ce dimanche 10 novembre, Paris est devenue la capitale mondiale de l’esport le temps d’une journée. La ville accueillait la grande finale des Worlds 2019 de League of Legends, l’un des jeux les plus suivis par la communauté des fans de jeux vidéos.

Outre l’écrasante victoire des chinois de FunPlus Phoenix (3-0) sur les européens de G2 Esports qui partaient pourtant favoris, l’évènement a eu un tel écho que de vieux débats autour de l’esport et de sa légitimité ont refait surface.

Les finales des Worlds de League of Legends avaient lieu à l’Accord Hôtel Arena de Paris, devant un public au rendez-vous.

Si le mot « esport » n’est entré dans le dictionnaire Larousse qu’en 2018, le terme fait ses premières apparitions dés 1999 avec le développement de l’ère du numérique. Parfois orthographier « e-sport » (peut être afin de marquer la séparation entre la notion du virtuel et du sport), le terme désigne de manière globale les compétitions de jeux vidéo. Ce nouveau secteur fraîchement né, connait une réelle expansion depuis ces deux dernières décennies.

L’esport se développe et séduit

En France, le marché vidéo ludique représentait plus de 3 milliards d’euros en 2015 selon le syndicat des éditeurs de logiciel de loisir (SELL) et l’institut GfK. Ainsi, on estime aujourd’hui que plus d’un français sur deux est un joueur au moins occasionnel. Si la pratique s’est largement étendue de manière amatrice, les studios de développement élaborent de plus en plus leurs jeux de manière à proposer aux joueurs un mode compétitif.

Ce faisant, il n’est pas rare que de jeunes compétiteurs se retrouvent propulsés sur les devants de la scène internationale, par le biais de leurs performances. D’autre part, les fans des franchises de jeux vidéos semblent fermement attachés au suivi des compétitions. En France, on estime ce public potentiel à plus de 5 millions de personnes d’après le baromètre de France Esport (association à but non lucratif qui fait aujourd’hui office de fédération de l’esport) de 2018.

En 2018, Paris avait accueilli la Coupe du Monde d’Overwatch, rassemblant les meilleures nations pour une compétition annuelle.

Une étroite collaboration entre les jeux et les structures esportives a permis l’organisation de ces compétitions qui ont peu à peu grandi, s’établissant aujourd’hui comme des rendez-vous réguliers très attendus par le public international. Ces évènements sont retransmis en direct sur les différentes plateformes de streaming, même si Twitch (racheté en 2014 par Amazone, preuve que le secteur intéresse les investisseurs du monde entier) reste la référence en la matière.

Pour ce qui est de la finale LOL de ce dimanche, Esport Charts (site spécialisé dans l’audience des évènement esportif) a recensé plus de 3,7 millions de spectateurs à travers le monde. La compétition a même atteint de piques à presque 4 millions de spectateurs lors des demi-finales. Ces chiffres qui égalent -voir dépassent- ceux d’évènements sportifs plus conventionnels, ont de quoi faire pâlir les médias classiques, encore très retissants face à l’engagement dans ce secteur.

Lors de la Coupe du monde 2018, le public français s’y était illustré de manière à entrer dans l’histoire comme étant le meilleur de l’histoire du jeu.

Les récents évènement esportifs ayant eu lieu en France (reconnue comme ayant l’un des plus fervents publics au monde), ont souligné des éléments importants quant à ce domaine et montrent que le secteur est en pleine structuration. En effet, le statut de joueur professionnel, de coach et autre membre du staff d’une structure esportive, ne sont pas, ou du moins peu, reconnu par l’État, plaçant ces acteurs dans l’instabilité professionnel et la précarité. Cette situation force les étoiles montantes françaises à s’expatrier pour des pays plus en avance dans leur législation du secteur, comme c’est le cas pour les État-Unis, le Japon ou encore les pays du Nord de l’Europe comme la Russie, la Suède et la Norvège.

En France, plusieurs rapports devraient permettre de structurer l’esport français d’ici peu. Certains envisageraient même de faire de la France un pays de référence dans le secteur du jeu vidéo compétitif.

Un secteur en manque de légitimation

De nombreuses critiques de l’esport se basent sur le cruel manque de légitimité dont il fait l’objet vis à vis des générations les plus âgées , même si cela tend à changer. La preuve en est le retour sur la table d’un débat, jugé comme « daté et non-avenue » par Yannick Agnel (récemment devenu le directeur sportif de l’équipe esportive MCES), qui oppose le sport à l’esport. En effet, le domaine souffre encore d’une image péjorative le réduisant au geek enfermé dans sa chambre jour et nuit pour jouer à l’écart de la société. Or, d’après le champion olympique de natation, « ce débat est remis sur la table par des gens qui y ont quelque chose à gagner« . Ce serait par exemple le cas « des médias traditionnels parce que ça va faire cliquer et réagir les gens« .

Image d’illustration du stéréotype lié à l’esport.

Si l’ensemble des acteurs de l’esport s’accordent à dire que la dimension physique ne peut pas forcément peser en leur faveur dans ce débat, les aspects techniques, stratégiques ou encore disciplinaires que les joueurs professionnels doivent s’imposer sont autant d’arguments qui amènent à considérer l’esport comme une pratique « sportive ».

Les plus grands joueurs internationaux ont souvent un niveau technique similaire, ce qui les amène à se différencier des autres par leur caractère, leur force mentale et leur préparation lors des grandes compétitions. Pour ce faire, les structures font de plus en appel à d’anciens champions de sport plus traditionnels qui viennent apporter leur expérience à des joueurs souvent très jeunes.

De plus, les staff des équipes les plus importantes sont aussi composés de professionnels tels que de kinésithérapeutes, des diététiciens ou de coachs sportifs de manière à drastiquement augmenter les performances des joueurs.

 C’est le cas de Paris Eternal, une équipe 100% européenne (à l’époque) évoluant dans la plus grande compétition internationale du jeu Overwatch.

On l’a vu, l’esport se développe économiquement et commence à entrer dans les moeurs. Malheureusement, sa popularité auprès du jeune public entraine également des dérives sociales.  Pour exemple, en juillet dernier avait lieu la Coupe du Monde du très célèbre Forntite. Son éditeur, Épic Games, avait alors convié les plus grandes stars du jeu et amassé un total de 30 millions de dollars pour les vainqueurs des diverses épreuves. Fortnite étant très en vogue chez les jeunes -tout comme le sont les compétitions professionnelles d’autres jeux- le jeu a mis en avant la vie de joueurs professionnels amassant des sommes d’argent colossales et vivant de leur passion : les jeux vidéos.

De quoi faire rêver des millions de jeunes joueurs qui sont maintenant prêts à se lancer dans une carrière d’esport alors que le secteur n’est encore qu’en développement et ce, au détriment de leurs études. Ce problèmes touche de plus en plus de familles qui, souvent en manque d’information, ne savent comment réagir.

Des mondiaux d’athlétisme à la prochaine Coupe du Monde de football : le sport s’est-il égaré ?

Presqu’un mois est passé depuis les mondiaux d’athlétisme de Doha et nous sommes précisément à 1117 jours de la prochaine coupe du Monde de football qui aura lieu en 2022, elle aussi au Qatar. Ce sont autant de détails qui, avec un certain recul, posent problèmes aux puristes du sport.

Le 6 octobre dernier aboutissaient les mondiaux d’athlétisme, l’une des compétitions les plus prestigieuses et des plus attendues par les passionnés de sport.  Quelle ne fut pas leur déception lorsque leurs doutes quant aux conditions de celle-ci se sont rapidement confirmés. Entre aberration écologique et sociale, des tribunes vides et des sportifs martyrisés par la chaleur, Le Monde qualifie l’évènement de « naufrage » sportif.  Mais le sport, comme dernier bastion aux valeurs fortes, a-t-il réellement sombré de manière définitive dans les méandres de l’avarice ?

Les critiques fusaient déjà quand la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF) avait annoncé en 2016 que le Quatar accueillerait la compétition en 2019. Pour beaucoup, ce non sens multidimensionnel n’est autre que le fruit d’une sombre magouille entre le président de l’IAAF et le Quatar. Alors à la tête de la fédération, Lamine Diack est soupçonné de corruption par la justice française avec le directeur général de BeIN Sports, Yousef Al-Obaidly. Le Monde accuse en effet le Quatar d’avoir acheté ces mondiaux par le biais d’un transfert de 3,5 millions de dollars au fils de Lamine Diack.

Quelque millions et le mondial est à vous !

Nous voici fin septembre 2019 et la compétition a bien lieu sous une chaleur pouvant atteindre les 45° de ressenti et des taux d’humidité allant jusqu’à 75% (provoquent une gêne est un essoufflement accru des sportifs). Dans le Khalifa Stadium, l’organisation a mis en place un système de ventilation qui refroidit l’air. Dans une enceinte au toit ouvert, peut-être était-ce une piste dans la lutte contre le réchauffement climatique… Toujours est-il que cela fonctionne, les athlètes évoluent dans une structure à 25°. Mais les disciplines ayant lieu à l’extérieur du stade n’ont pas bénéficié de ses conditions. Sous une chaleur suffocante, les marcheurs et les marathoniens mettent en péril leur propre santé. Sur les 70 participantes du marathon, 28 ont dû abandonner. Le lendemain,  le marcheur français Yohann Diniz et 13 de ses adversaires n’iront pas au bout des 50 kilomètres du circuit.

 

S’il y a certains exploits sportifs qui ont tout de même eu lieu, les athlètes ont se sont exprimés devant des tribunes vides. Les organisateurs ont même dû inviter les familles des travailleurs étrangers de la région pour garnir davantage les travées, lors des phases finales des derniers jours. Ironie du sort, ces mêmes travailleurs d’origine kenyane ou éthiopienne ont souffert de conditions déplorables lors de la construction du stade dans lequel ils sont invités. Un chantier où disparaissait près d’un travailleur par jour et où Amnesty International souligne dans un rapport les dérives exercés à l’encontre de ces tâcherons (travaux impayés, interdiction de retourner dans leur pays…).

Une coupe du Monde de football en décembre ?

À en juger par ces faits, le Quatar ne semble pas être une terre promise pour l’élite du sport international (du moins en extérieur). Pourtant, l’actuel président de l’IAAF, Sebastian Coe, salue la réussite de l’évènement et souligne « l’ouverture de l’athlétisme a de nouveaux territoires ».

Les conclusions de ces championnats du monde d’athlétisme ont de quoi faire réfléchir les footballeurs qui se rendront eux aussi au Quatar en 2022. Si cela peut les rassurer, messieurs joueront entre novembre et décembre. Une période plus froide comprenant des températures plus favorables à la pratique sportive. Mais, le choix de ce pays d’accueil est-il encore une fois légitime ? À l’heure qu’il est, le pays d’accueil est directement qualifié pour sa première participation à la Coupe du Monde. D’autre part, les enjeux stratégiques et économiques sont énormes pour le Quatar puisse que la compétition représente un potentiel de 3,2 milliards de téléspectateurs à travers le monde.  Il ne reste plus qu’à espérer que la Coupe du Monde fasse moins parler d’elle pour son organisation que pour ses résultats sportifs.

Le Sport, une pratique aux nobles valeurs

Avis aux sportifs de la première heure, pour qui la passion et le dépassement de soi régissent nos vies. Pour ceux et celles qui pensaient que le sport était un espace qui réunissait subtilement le partage, le respect, le courage ou encore l’abnégation. Ces valeurs sont-elles encore représentées par les plus hautes instances du sport international ? Les situations évoquées précédemment montrent-elles que le sport de haut niveau a franchi un point de non retour en s’engouffrant dans ces pratiques sulfureuses ?

Ces problématiques propres au domaine sportif sont plus largement le témoin d’un monde changeant où les intérêts personnels priment toujours plus. Le sport était auparavant une pratique qui échappait à la majorité de ces dérives. Mais en grandissant, et ce de pair avec le secteur économique, le domaine a dû se structurer et s’établir en tant que produit de consommation. Ces éléments peuvent éventuellement constituer une réponse partielle. Mais ils ne justifient en rien la perte quasi-totale du capital symbolique que le sport arborait dans le temps, alors qu’il était déjà lié de manière plus ou moins proche au secteur économique.

À vous d’en débattre.

Handball féminin français : un public de niche ?

Les joueuses, mais aussi et surtout, les représentants de la ligue féminine de handball française ont vécu un été qu’ils n’oublieront pas de si tôt.

Tout commence le 28 août dernier, lorsque que l’actuel diffuseur télévisuel, Bein, et la ligue annoncent l’échec de leurs négociations quant à la retransmission des matchs de la saison 2019-2020. À ce moment précis, la première ligue féminine de handball, fraîchement renommée Ligue Butagaz Énergie,  se retrouve seule face à la demande des fans du petit ballon rond.

Interrogée à ce sujet, la présidente de la Ligue Féminine de Handball fait part de son incompréhension. « Je n’ai jamais eu l’explication. Pourquoi ne veut-on pas de nous à la télé ? C’est une décision de notre ancien diffuseur qui met toute son énergie sur le Championnat de France masculin et cela, j’imagine, s’opère à notre détriment » a-t-elle confié au Parisien.

Une indignation générale qui paye

Dés lors, les joueuses elles-mêmes se mobilisent afin de mettre en évidence la situation du handball féminin français qui, encore une fois, se retrouve bien moins mis en avant que son pendant masculin.


Tout est bien qui finit bien

Cette mésaventure prend fin le 17 septembre dernier lorsque la ligue annonce avoir trouvé un accord avec Sport en France, une chaîne du groupe média 365 fraichement lancée quelques mois auparavant. Avec L’Équipe, il est prévu qu’ils retransmettent au total une vingtaine de rencontres à partir du mercredi 9 octobre. De son côté, BeIN conserve ses droits pour les matchs de ligue des champions EHF ainsi que pour les matchs de l’équipe de France féminine.

Pour ce qui est des financements, il semblerait que le coup globale de la retransmission des matchs s’élève à 300 000€ pour une saison. De cette manière, l’Agence Nationale des Sports s’engage à hauteur de 50% de cette somme, tandis que le reste sera à la charge de la ligue et des clubs.

Quelles différences entre handball masculin et féminin ?

En résumant vulgairement la situation, cet évènement soulève de nombreuses questions. D’abord, le handball féminin français semble coûter cher et ne rapporter que très peu aux diffuseurs. À savoir que le handball féminin est une pratique sportive qui est de plus en plus placée sous les projecteurs depuis cette dernière décennie. Ceci n’étant pas le cas auparavant, les salles, les clubs et l’ensembles des infrastructures ne sont pas ou peu adaptées à la retransmission des matchs en direct. Comme en témoigne le nouveau sponsor de la ligue, les annonceurs se montrent encore perplexes quant à la réelle rentabilité du handball féminin.

Pourtant, comme le souligne Alison Pineau, le handball féminin français monte en puissance. Qu’on l’apprécie ou non les chiffres sont là : il n’y a qu’à prendre l’exemple de Brest ou de Metz pour qui les deux équipes ont un parcours de plus en plus satisfaisant en ligue des champions (Metz est arrivé dans le Final4 la saison dernière). Pour parler de ce que je connais à titre personnel, le Brest Bretagne Handball a su rassembler un fervent public, présent pour chacune des rencontres.

Kop du bout du monde, supporters du BBH. Crédits BBH.

Mais le handball féminin se consomme-t-il aussi à la télévision ? Cette pratique s’adresse-t-elle à un public de niche ? Si c’est le cas, on comprend mieux pourquoi les diffuseurs ne se bousculaient pas aux portes de l’EHF lors de l’annonce du 28 août dernier.

A contrario, le handball masculin a ses sponsors et ses diffuseurs devenus presque historiques aujourd’hui. Comment expliquer ce fossé érigé entre les hommes et femmes au sein de la même pratique qu’est le handball ? Cette situation s’explique-t-elle par une différence dans la pratique même (moins de vitesse, moins de techniques, moins de contact chez les femmes) qui intéresserait moins le téléspectateur ? Ou plutôt du fait d’un modèle historique et sociologique dans lequel les femmes sont moins mises en avant ?

À vous d’en débattre.

 

 

Bienvenue sur Le Petit Sportello !

Eh toi ? Tu aimes par-dessus tout la pratique sportive ? Tu te poses des questions sur le pourquoi le sport est-il ce qu’il est aujourd’hui ? Alors tu es au bon endroit.

« Parce qu’on n’en a pas que dans les bras »

Ici tu retrouveras tous les quinze jours, et ce à compter du mercredi 16 octobre, des articles qui questionneront le domaine sportif selon diverses approches. Basés sur un événement, un fait ou encore une pratique, chacun d’entre eux  posera des bases factuelles avant d’étendre sa critique pour finalement laisser place au débat. En fonction de l’actualité, nous aborderons des thèmes variés qui sont aujourd’hui propices à la réflexion. Handball, Escalade, VTT, Snowboard, tous les sports pourront initier une piste réflexive tout comme nous évoquerons l’exercice de ses pratiques à différents niveaux (de l’initiation aux sportifs de haut-niveau, aucune échelle ne disposera du monopole)

 

Pourquoi ? Par qui ? Comment ?

Jeune étudiant en école de journalisme, la pratique sportive est une passion héritée de mes parents. Très tôt, j’ai ressenti le besoin de me surpasser toujours d’avantage, afin de devenir celui que je  voudrais  être. Plus tard, j’ai découvert un goût prononcé pour la philosophie qui, mêlée à une éloquence qui tient la route, font que je me retrouve aujourd’hui à traiter du sport comme élément à débattre. Par ailleurs, ayant eu la chance d’expérimenter de nombreuses pratiques sportives (de manière plus ou moins intensive), j’ai pu développer une petite culture sportive pas piqué des hannetons, qui me permettra d’arpenter des terrains d’ordinaires plutôt glissants.

 

 

Il ne me reste plus qu’à vous donner rendez-vous mercredi pour le premier article qui, je l’espère, attisera votre curiosité et suscitera la réaction de plusieurs d’entre vous. Dans l’attente de vos retours.

Sportivement.

Ty Pockz