La NCAA : Un spectacle dans l’ombre de la NBA.

Et non ! La NBA n’est pas le seul championnat de basketball aux États-Unis. C’est pourtant ce que la majorité des amateurs de sports américains croient. La NCAA, championnat de basketball du cursus universitaire américain, subit la couverture médiatique de la NBA et est souvent oubliée. Coup de projecteur sur le terrain de jeu des jeunes espoirs américains.

 

La NCAA (National Collegiate Athletic Association), voit s’affronter chaque année les universités américaines avec plus de 351 équipes présentes dans la ligue. C’est donc un championnat regroupant dix fois plus d’équipes que la NBA qui est divisé en trois divisions et 32 conférences. Comme en NBA la saison se divise en deux, une première partie qui consiste à s’affronter lors de matchs de classement et une deuxième partie de phase finale à partir de mars. Pour la NCAA ces phases finales sont appelées « March Madness » qui ont tout de même de forte similitude avec le système des plays-offs en NBA. Même s’il existe des ressemblances avec la NBA sur la structuration de la saison, les deux championnats sont bien différents avec des règles bien distinctes. Par exemple, le temps des matchs et des possessions, le nombre de fautes autorisées ainsi que la distance de la ligne des 3pts ne sont pas les mêmes en NCAA et en NBA.

Les étudiants jouant pour l’équipe de l’université sont amateurs, c’est-à-dire qu’ils ne perçoivent pas de salaire lié à leur activité sportive. Tout sponsoring et contrat avec des marques sont aussi formellement interdit. Cependant, un avantage leur est accordé, le financement de leurs études peut être pris en charge par l’université. Ce don peut servir d’appâts pour les universités qui cherchent à attirer les plus grands espoirs du pays au sein de leur équipe.

 

« March Madness » : une phase finale qui déchaîne les foules

 

Le 19 mars dernier a débuté la 81èmeédition de la « March Madness » qui s’est terminée le 8 avril lors de la finale au U.S Bank Stadium de Minneapolis. L’affiche opposait les Cavaliers de la Virginie aux Red Raiders de Texas Tech et se sont les Cavaliers qui sont sortis vainqueurs du tournoi. Cette phase finale regroupe les 32 équipes ayant remportées leur conférence ainsi que 36 autres équipes sélectionnées selon leur taux de victoires. C’est donc 68 équipes qui peuvent encore prétendre au sacre mi-mars. En NCAA, les phases finales sont à éliminations directes, c’est-à-dire que le droit à l’erreur n’est pas permis. La seule équipe qui remporte tous ses matchs devient championne. L’accession à la finale oblige le passage de plusieurs étapes : Le First Round, le Second Round, le Sweet 16, l’Elite 8 ainsi que le Final Four.

            Le terme « March Madness » est issu de l’appellation donnée par la chaîne CBS lors du tournoi de 1982. La traduction française, la folie de mars, nous révèle bien l’engouement qu’il existe autour de cette phase finale. L’attente est telle que la « March Madness » est le deuxième évènement sportif américain le plus suivi aux États-Unis juste derrière le Super Bowl au football américain. Un autre fait qui témoigne de l’importance de cet évènement dans le calendrier des connaisseurs de sport, c’est le bracket. Ce système consiste pour les différents parieurs à effectuer des pronostics complets sur l’ensemble du tableau des phases finales. Le phénomène est si important qu’un cours sur la science de la « bracketology » est enseigné sur les bancs de l’Université de Saint Joseph’s à Philadelphie. Jusqu’alors aucun bracket n’a réussi à prévoir 100% des résultats et ceci forme un objectif pour les étudiants de la « bracketology ». La somme promise au pronostiqueur qui arrivera à déterminer l’issue des 63 matchs du tournoi et d’un million de dollars. Lors de l’édition 2019, un bracket était encore parfait à la veille des Sweet 16, une première !

 

 

Une ambiance qui n’a rien à envier à la NBA.

 

Les vidéos montrant la ferveur des étudiants qui soutiennent leur équipe envahissent les réseaux sociaux à partir de mars. Sur des shoots au buzzer nous pouvons parfois observer des envahissements de terrain par les supporters surexcités à l’idée de voir leur équipe accéder au prochain tour. Le choix de la phase à élimination directe renforce l’engouement dans les salles quand nous savons que tout peut basculer lors d’un seul et même match. Les droits de diffusion représentent un marché énorme pour les chaînes de télévisions américaines. Les contrats publicitaires ont reversé en 2017, 1,24 milliard de dollars aux diffuseurs. Bien souvent les équipes universitaires représentent la ville au niveau national contrairement aux franchises de NBA qui ne sont que 30. Un réel soutien des habitants est alors apporté aux joueurs lors des matchs importants.

Cette ambiance est aussi possible grâce aux enceintes dans lesquelles les équipes viennent se livrer un combat acharné. Parmi elles, l’arène du Carrier Dome de Syracuse peut accueillir pas moins de 35 000 places. C’est tout de même 13 400 de plus que dans la plus grande salle NBA. Dans le championnat NCAA, nous  dénombrons pas moins de 35 salles où peuvent prendre place plus de 15 000 supporters. Ces salles permettent de diffuser une atmosphère de grand évènement aux joueurs qui peuvent alors se surpasser.

Cette ambiance acclimate les joueurs aux futures grandes soirées de NBA qui auront peut-être la chance de disputer. La NCAA représente un vivier pour la draft NBA, en effet, les premiers picks de la draft 2019 étaient issus d’équipes universitaires avec notamment la présence de Zion Williamson, R.J Barrett et Tyler Hero dans l’équipe de Duke. Des prévisions des drafts à venir sont alors réalisées grâce à l’observation du niveau des jeunes joueurs en NCAA.

Les maillots NBA : Une tunique à enjeux

Qu’ils soient rouges, bleus, jaunes, verts ou noirs, les maillots de NBA sont portés par les millions de fans des franchises de la ligue à travers le monde. Depuis seulement deux ans, c’est une virgule que l’on peut observer sur l’épaule droite des joueurs. Cette présence est due à l’accord trouvé entre Nike et la NBA en 2015. La marque à la virgule a déboursé un milliard de dollars pour pouvoir bénéficier de cette place privilégiée sur les maillots. La collection 2017/2018 est la première des huit qui vont suivre a arboré le signe Nike.

 

Ce partenariat entre le géant de l’équipementier sportif et la ligue américaine de basket a eu un franche succès auprès des fans. Nous pouvons observer de plus en plus d’adeptes porter des maillots dans la rue, sans forcément de lien direct avec le basket. Cette tendance est peut-être due au succès de la mode streetwear. En effet, plusieurs rappeurs américains et des sportifs revêtissent les jerseys des équipes sur les réseaux sociaux. La mode a une place importante dans le monde de la NBA, une étape incontournable pour les joueurs témoigne de cette importance. Lors de l’arrivée des joueurs au stade un balai de tenue a lieu devant les photographes qui s’empressent d’immortaliser les tuniques les plus insolites.

Des innovations sont à noter depuis deux ans : un maillot qui s’adapte à la morphologie des joueurs, ainsi qu’une puce placée dans le maillot. Cette puce permet aux fans de suivre en temps réel les performances de leur idole avec ses statistiques.

 

 

Une nouvelle ère dans le sponsoring des maillots

 

Durant les onze dernières années, c’était la marque Adidas qui avait pour mission d’habiller les joueurs NBA. Cependant la marque n’avait pas obtenu le droit de fixer ses trois bandes emblématiques sur le flanc des maillots. En effet, la ligue américaine de basket était très attachée à son indépendance en refusant tout sponsoring sur les tuniques des franchises. Après cette aventure avec la marque allemande, la NBA a fait le choix de changer pour l’offre alléchante que proposait la marque à la virgule. Elle a donc cédé avec la présence de la virgule de l’équipementier américain sur les tenues, qui l’a convaincu avec un contrat d’un milliard de dollars sur huit ans ce qui représente 125 millions de dollars chaque année pour la NBA.

 

Il existe une seule exception à la règle du signe Nike sur le maillot. C’et le maillot des Charlotte Hornets, en effet c’est bien le signe Jordan qui est présent au milieu du torse des différents joueurs de l’équipe. La cause, Michael Jordan, en effet la légende des Chicago Bulls occupe un poste au sein de la franchise des frelons. L’équipe est dirigée par l’icône depuis 2010. Il est aussi le créateur de la marque Nike air Jordan qui est à la base une marque de chaussures mais qui se développe de plus en plus dans le monde du basket comme le témoigne cette présence sur un des trente maillots. Cette exception est notable mais pas surprenante quand on sait que la marque Jordan est une filiale de l’équipementier Nike.

 

Une nouvelle surprise a eu lieu lors de la présentation de cette collection 2017/2018, cette fois-ci sur le côté gauche de certains maillots. Les fans ont pu remarquer la présence de patchs publicitaires sur la majorité des tuniques des franchises les plus populaires. Ces petits carrés de 6,35 centimètres de côté ont permis l’arrivée d’un apport financier conséquent à la ligue. En mai 2018, l’investissement total des entreprises ayant un patch sur un maillot NBA représentait déjà 1,12 milliard de dollars.

 

 

Les joueurs attachés à leurs images

 

Nous avons pu voir que la ligue était liée à des équipementiers pour les maillots des différentes franchises. La ligue et les équipes ne sont pas les seuls acteurs liés à des marques car les joueurs possèdent aussi des contrats. Les joueurs les plus exposés aux médias comme Stephen Curry, LeBron James, Giannis Antetokounmpo et James Harden ont tous des accords avec des marques. Dans ces contrats une somme d’argent est promise aux joueurs en échange ils doivent montrer le plus possible les produits de la marque (chaussures, vêtements, publicité…).

 

Les joueurs sont donc affiliés à des marques, cependant parmi celles-ci ne nous retrouvons pas uniquement Nike mais aussi Under Armor dont l’égérie est Stephen Curry et Adidas avec James Harden. Comment faire pour ces sportifs qui ont un contrat avec ces marques mais qui sont aussi imposés de porter une tunique de l’équipementiers Nike ? Une des seules formes de rébellion possibles pour eux fut de cacher au maximum la virgule présente sur les éléments de leur tunique. L’acte le plus répandu a été le fait de rouler ses chaussettes afin de faire disparaître le logo Nike. Avec ce boycott, les stars de la NBA affirment leur lien direct avec une marque concurrente de Nike.

 

La culture du maillot est différente en NBA et en Europe dans des sports comme le football. Aux États-Unis, le maillot est lié directement aux joueurs et non à l’équipe. C’est-à-dire que le maillot appartient aux joueurs et non à la franchise comme l’explique le phénomène suivant. Quand un joueur a marqué une franchise, à la prise de sa retraite un hommage de la franchise peut lui être rendu. Le joueur ayant eu une influence telle sur l’équipe que son maillot se voit retiré. Le numéro du maillot ne peut alors plus être attribué à n’importe quel joueur. Dans la nuit de lundi à mardi un hommage a été rendu à Tony Parker de la part de la franchise des San Antonio Spurs. C’est le premier français à se voir retirer son maillot dans une franchise américaine. Dans l’enceinte de l’AT&T Center, plus aucun joueur ne pourra alors porter le numéro 9 des San Antonio Spurs.

L’accession à la NBA : un réel parcours du combattant

 

Le rêve américain, tout fan de basket rêve de fouler un jour les parquets de la NBA. Pour y parvenir, une étape indispensable : la draft. Ce procédé est celui qui garantit aux joueurs le plus de chances d’aboutir sur la signature d’un contrat professionnel. Une grande soirée est organisée chaque année à New York pour révéler aux joueurs quelles franchises les ont choisies (draftées).

 

La NBA regroupe 30 équipes séparées en deux conférences, est et ouest. La ligue est fermée, c’est-à-dire qu’il n’y a ni descentes ni montées, les équipes restent les mêmes. C’est pourquoi dans l’histoire de la ligue nous avons pu observer de longues dynasties d’équipes qui régnaient sur la NBA. Cependant, elles restent très rares et pour cause, la draft qui a lieu chaque fin de saison. La draft a pour but d’équilibrer les niveaux des 30 franchises visant ainsi à conserver du suspense tout au long des saisons. Par un système de loterie les équipes les moins bien classées de l’année précédente peuvent choisir dans les premières positions leurs joueurs. Grâce à cette technique les équipes sont renouvelées, ainsi que la hiérarchie au sein même de la ligue, cela permet à des équipes en difficulté de récupérer les plus grands espoirs du basket mondial.

 

La complexité de la draft

 

Comment l’ordre des équipes est défini ? Depuis 1985, c’est la loterie qui décide des équipes bénéficiant des quatre premiers choix. Seules les équipes qui n’ont pas participé aux plays-offs, c’est-à-dire se situant entre la 9èmeet 15èmeplace de chaque conférence peuvent obtenir le premier choix. Lors de la loterie, quatre boules sont tirées au sort parmi quatorze, elles forment une combinaison qui correspond à une équipe. Plus de mille combinaisons sont possibles, c’est ainsi qu’une franchise ayant terminée dernière possède beaucoup plus de combinaisons qu’une équipe ayant terminée 9ème. Par ce système de loterie les franchises les plus en difficulté la saison précédente ont alors plus de chances d’obtenir les premiers choix de la draft.

 

Cet ordre des équipes n’est pas fixe, il peut servir de monnaie d’échange lors de trades qui sont les transferts de joueurs entre les franchises. Par exemple, en échange d’un joueur une franchise peut se voir proposer le premier choix d’une autre équipe lors d’une draft dans plusieurs années. Cela peut permettre à une franchise en reconstruction, adoptant un projet porté sur l’avenir en faisant confiance aux jeunes d’obtenir plus de joueurs lors d’une draft. Elle permet aux jeunes joueurs d’accéder plus rapidement à la ligue car la draft est réservée dans la majorité des cas aux espoirs. Tous les joueurs âgés plus de 22 ans et ayant terminés leur cursus universitaire sont éligibles à la draft. Des dérogations peuvent être déposées par des joueurs plus jeunes qui veulent participer à la draft, c’est pour cela que l’on retrouve souvent des joueurs de moins de 20 ans sur les parquets de NBA. Les différents recruteurs des franchises parcourent le monde à la recherche de diamants bruts qui ne demandent qu’à être polis. La plus grande source de talents est la NCAA, c’est la ligue de basket américaine au niveau universitaire mais des français viennent aussi tenter leurs chances aux États-Unis comme beaucoup d’européens.

 

Les moments décisifs de la draft

 

L’année précédant la draft est une étape essentielle pour les futurs joueurs de NBA, appelés rookies lors de leur première saison. Durant l’année, ils parcourent les États-Unis afin de se montrer lors de tests personnels organisés par les franchises. Les franchises reçoivent plusieurs joueurs afin d’observer leurs compétences ainsi que leur profil par rapport à l’équipe. Les joueurs eux aussi se présentent dans plusieurs équipes afin de les convaincre de les choisir lors de la grande soirée. Cette session de test est appelée les workouts. Le rôle des agents de joueurs est majeur, il consiste à analyser les équipes où le joueur serait susceptible de s’épanouir, ainsi que de pronostiquer la place à laquelle le joueur sera drafté.

 

Après les finales NBA qui se déroulent en juin, la grande soirée de la draft est organisée. C’est le moment tant attendu par tous les joueurs qui espèrent à leurs tables accompagnés de leurs familles que Adam Silver, président de la ligue NBA prononce leur nom et les invitent sur la scène. C’est alors que l’ovation résonne à l’annonce du premier choix. La franchise suivante a alors cinq minutes pour s’ajuster et donner son verdict final sur le joueur sélectionné. S’en suit un balai de trente joueurs qui ont la chance d’être sélectionné au premier tour. Dans 99% des cas ils se verront par la suite proposer un contrat professionnel avec la franchise qui les a choisis. Les trente autres joueurs sélectionnés au second tour se verront alors proposé des contrats plus précaires ou une année de plus de perfectionnement. La draft 2019 a été particulièrement suivie avec l’arrivée en NBA de Zion Williamson, sélectionné en première position par les Pelicans de la Nouvelle-Orléans. Les fans de basket voient en lui une puissante machine à marquer avec plusieurs vidéos où on le voit martyriser les défenses de la NCAA avec son équipe de Duke. Le premier français arrive en treizième position, en effet Sekou Doumbouya a été choisi par les Pistons de Detroit. Nous suivrons avec attention l’intégration du français à la NBA qui peut s’avérer difficile pour les étrangers.

Pour approfondir vos connaissances sur le sujet :

https://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/La-draft-nba-comment-ca-marche/811827

https://www.letelegramme.fr/basket/nba-la-draft-comment-ca-marche-20-06-2019-12317386.php

https://trashtalk.co/2019/06/17/adam-silver-continue-sa-croisade-contre-le-tanking-les-changements-de-la-lottery-ont-lair-de-porter-leurs-fruits-mr-nba-est-content/

https://www.qibasket.net/2017/06/22/le-guide-de-la-draft-nba-tout-ce-quil-faut-savoir-et-comprendre-pour-entamer-cette-grande-soiree/

 

 

NBA-Chine : retour sur les tensions nées d’un tweet sur Hong Kong

La NBA voit depuis plusieurs jours une polémique menacé ses liens économiques avec le marché chinois. A l’origine de ces tensions, un tweet posté par le manager des Houston Rockets qui apporte son soutien aux manifestants hongkongais. A la veille d’une nouvelle saison régulière, le débat houleux entre les deux camps vient chambouler le lancement de l’acte 73 de la ligue nationale de basket nord-américaine.

 

La plateforme Twitter a vu, ce 7 octobre, une foule de réactions suivant le tweet de Daryl Morey, manager des Houston Rockets. Ce dernier s’est exprimé sur le conflit qui a lieu en ce moment de l’autre côté du Pacifique entre la Chine et Hong Kong. Il affiche son soutien aux manifestants hongkongais dans ce climat plus que tendu avec la Chine. Depuis mars, plusieurs dizaines de milliers de personnes se réunissent pour manifester contre l’amendement de la loi d’extradition par le gouvernement de Hong Kong. Une forte répression policière a lieu à chaque rassemblement qui augmente la division entre la Chine et Hong Kong. En témoignant son soutien aux manifestants Daryl Morey expose une position contraire à celle de la Chine avec qui la NBA dispose de liens économiques privilégiés.

 

 

Une déferlante de réactions

 

Ce tweet fut très mal accepté en Chine, il a été vécu par les nombreux fans de baskets chinois comme une ingérance dans les questions politiques de leur pays par un acteur qui n’en fait pas partie. Plusieurs mesures ont été prises suite à cet évènement dont l’annulation d’une rencontre entre les fans et les joueurs des équipes des Brooklyn Nets et des Los Angeles Lakers. Plusieurs équipes sont présentes sur les parquets chinois et japonais pour des matchs d’exhibition visant à satisfaire le public asiatique. Ces matchs servant de préparation à la nouvelle saison se sont donc déroulés dans une ambiance pesante et particulière.

 

Suite à ces nombreuses réactions et critiques émises les excuses ne se sont pas fait attendre du côté américain. Tout d’abord le manager des Rockets s’est empressé de supprimer son tweet puis de s’excuser auprès des fans chinois qui ont pu être blessé par ces propos. Il a tenu à préciser que cette position lui était propre et qu’en aucun cas il ne parlait au nom de la franchise ou de la ligue. La star des Rockets, James Harden surnommé The Beard, s’est exprimé via Twitter en présentant ses excuses aux nombreux fans de la franchise présent en Chine.

Tweet du manager des Houston Rockets, Daryl Morey

Ce retour en arrière au niveau de la prise de position sur le sujet a fait énormément réagir du côté du peuple américain. Ces déclarations ont été vivement critiquées leur reprochant de privilégier l’aspect économique que représente le marché chinois plutôt que les droits de l’Homme. Une prise de position qui était fortement attendue par le peuple américain était celle de leur président Donald Trump. L’homme politique qui est d’habitude très actif sur Twitter s’est contenté de critiquer la réaction de Steve Kerr qui n’a pas souhaité exprimer son avis sur le sujet. Les relations sont tendues entre les deux hommes après que Steve Kerr, entraineur des Golden State Warriors, est refusé de se rendre avec son équipe à la Maison Blanche pour célébrer leur titre. La politique de Donald Trump est vivement critiquée en NBA ce qui explique ce boycott.

 

 

Des enjeux économiques et idéologiques

 

Derrière ces prises de position se cachent des enjeux économiques importants pour la NBA et pour les Rockets. Le marché chinois représente pour la NBA le plus gros marché à l’étranger bien devant l’Europe. Plus de 600 millions de chinois affirment avoir vu des images de la saison 2018/2019, cela montre bien le rayonnement qu’a la ligue nationale de basket nord-américaine en Chine et plus largement en Asie. Ces chiffres font du basket le sport numéro un en Chine. De plus, les Rockets possèdent un lien particulier avec les fans chinois. Ce lien est présent depuis 2002 et la draft par la franchise texane de Yao Ming. Ce géant de 2,29m a grandement participé à la découverte du basket en Chine. Depuis le passage du meilleur joueur asiatique de tous les temps dans la franchise, les Rockets sont l’équipe la plus supportée en Asie. Pendant cette saison, lors de plusieurs matchs on a pu voir l’effectif de Houston arborer une tunique rouge et or avec des signes chinois sur le torse.

 

Cette grande popularité du basket et de la franchise des Rockets a donc fait d’autant plus réagir et des boycotts ont pu être observé dans l’univers médiatique chinois. Les deux matchs d’exhibition prévus dans la semaine suivant le tweet n’ont pas été diffusés par la télévision publique chinoise (CCTV). Plusieurs partenariats seraient alors menacés entre la ligue et les entreprises chinoises ce qui entrainerait une importante perte d’argent pour la NBA. Cette polémique intervient comme un véritable frein à l’expansion de la ligue et de la culture américaine du basket.

Adam Silver, patron de la NBA

Cependant pour la majorité des acteurs de la ligue cet aspect économique passe au second plan par rapport à la situation à Hong Kong. Le patron de la NBA, Adam Silver s’est tout de même inquiété des conséquences économiques que pourraient avoir cette polémique. Mais il a catégoriquement refusé d’honorer la demande d’excuses souhaitées par la Chine et a apporté son soutien à Daryl Morey. La NBA envoi donc un message fort à la Chine en montrant que les droits de l’Homme qui ne sont pas respectés par la Chine dans le conflit avec Hong Kong seront défendus aux dépens de l’argent que représente le marché asiatique et chinois.