Que pensent les jeunes de la musique électronique dans l’espace culturel ?

Deux jeunes ont répondu à mes questions sur leurs relations avec la musique électronique et sa place dans l’espace culturel d’aujourd’hui. Ugo, 19 ans, est dj et producteur pour le collectif Bon Abri depuis plus d’1 an et demi. C’est donc un jeune investit dans le milieu de la musique électronique avec un œil attentif sur son évolution. Julie, 19 ans, étudiante en journalisme à l’IUT de Lannion, est une jeune aimant la musique populaire. Elle dit ne pas connaître le monde de la musique électronique. J’ai souhaité m’entretenir avec Julie et Ugo car ils ont une relation différente avec la musique électronique, et leurs visions de sa place dans l’espace culturel est intéressante à mettre en commun.

 

Tout d’abord, quels sont les trois premiers mots qui vous viennent à l’esprit en évoquant les « musiques électroniques » ?

Ugo : Mouvement, révolution technologique, genres multiples.

Julie : Boum boum, secte et teufeur.

 

Aujourd’hui, la musique fait partie intégrante de nos vies, les sites de streaming explosent. L’éventail musical est-il suffisamment représenté selon vous ?

Julie : Je trouve que les musiques sont inégalement représentés. Par exemple, on ne retrouve pas assez de musique classique et de musique électronique. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes musiques et chansons populaires qui reviennent, une plus grande mixité serait plus acceptable pour la diversité et les goûts musicaux de chacun.

Ugo : La musique électronique n’est pas assez représenté dans le paysage mainstream (Spotify, Deezer). On retrouve la musique underground électronique sur YouTube, Soundcloud ou sur des plateformes alternatives comme Bandcamp ou l’on supporte l’artiste directement en achetant ses productions.

 

Pensez-vous que la musique électronique fait autant partie du paysage musical que le rock, rap et autres ?

Ugo : L’électro a eu un impact sur la société depuis ses débuts. Aujourd’hui, elle se retrouve dans des nouveaux festivals ou rave parties, la musique électonique est dans les moeurs sociales. Elle représente un mouvement libre sans normes, sans limites contrairement à d’autres styles musicaux.

Julie : Cela dépend des goûts, personnellement je suis assez ouverte au niveau musical. Cependant on ne retrouve pas l’électro dans des playlists toutes faites sur les plateformes de streaming. La musique populaire et le rap reviennent très souvent. Pour écouter de la musique électronique, il faut aller la chercher et s’y connaître. Pour moi il faudrait un meilleur paysage audiovisuel de la musique électronique.

 

La musique électronique a apporté une nouvelle façon d’être musicien, notamment avec des morceaux actuels composés essentiellement de samples et de boucles électroniques. Comment vous définissez le genre « musique électronique » ?

Ugo : Elle se définit comme un genre très complexe, aussi complexe que la musique classique. Car elle propose une infinie de possibilité grâce à la simplicité technologique, à l’arrivée des ordinateurs, des homes studios et maintenant des logiciels. Tout est plus accessible.

Julie : C‘est une musique très rythmée, que l’on danse énergiquement, voire en transe, je ne l’écoute pas avant m’endormir par exemple. Je trouve que c’est un style de musique spécial à la fête.

 

Quel est votre rapport à la musique électronique ? Ou l’écoutez-vous ? Dans quel cadre ?

Julie : Je ne l’écoute pas de mon plein gré, mais j’en entends souvent en soirée et cela ne me dérange pas. Je peux même commencer à danser ! Sauf quand le rythme s’accélère, là j’ai l’impression d’écouter un tambour pendant 3 minutes non-stop.

Ugo : Cela fait 4-5 ans que j’ai commence a produire, c’est sur YouTube que j’ai découvert des artistes qui m’ont inspiré. Quand je suis arrivé dans le collectif Bon Abri, mon rapport à la musique a changer. Créer des événements et mixer dans des bars, c’est la découverte d’un autre angle de la musique électronique. Elle m’a permis d’ouvrir des portes à mon avenir, car j’aimerais bosser dans le son plus tard.

 

Certains courants musicaux ont beaucoup évolué depuis leurs débuts et sont passés de l’underground aux hits TV. Que pensez-vous de l’avenir de la musique électronique ?

Ugo : L’image des discs jockeys a changer, on est passé d’un dj non mis en lumière dans les années 90 à des véritables artistes populaires, comme Nina Kraviz qui se créent de véritables images de marque. Ce qui me fait le plus peur, c’est la vision fric de certains artistes ou entreprises qui vont être amener à changer l’image des musiques électroniques. Elles seront sûrement mainstream un jour, même si le côté underground survivra encore et toujours.

Julie : Notre génération a grandit avec la musique électronique et elle évolue sans cesse, comme nous. Il y en aura de plus en plus, et nous allons en écouter plus qu’aujourd’hui.

 

Les lieux proposant de la musique électronique sont de plus en plus nombreux, clubs, scènes de festivals/concerts, mais aussi en pleine nature pour les free-parties. Que pensez-vous de ce mouvement illégal ?

Julie : Je respecte totalement les pratiques, mais personnellement je ne souhaite pas allez dans ce genre d’endroit. Peut-être à cause des médias qui ont tendance à trop diaboliser le mouvement avec les mêmes avis négatifs que l’on voit souvent (plainte voisinage, bruit). Même si le teufeur look hippie qui fume des joints est la première image que l’on relie aux free-parties, je pense que c’est une image stéréotypée et qu’il existe pas seulement ça.

Ugo : Ce que je trouve important c’est l’hyper-diabolisation faites sur les free-parties alors que ce sont des rassemblements plus sains que d’autres événements techno légaux. Mais, dernièrement le mouvement a pris une ampleur politique avec la mort de Steve à Nantes (un teknival avait été organisé en son souvenir, près de Nantes (NDLR)). Certains idéaux ne sont pas compris par la justice et les politiciens et c’est aussi la raison pourquoi les free-parties sont vouées à perdurer, par influence, par passion.

 

Vous sentez-vous assez informé de la culture musicale et de celle de la musique électronique, que ce soit dans les médias, sur les réseaux sociaux dans des soirées organisées ?

Julie : On parle plus des artistes influents du moment comme par exemple Eva Queen ou Aya Nakamura, et moins de la musique électroniques. Comme elle n’a pas de référent, on est donc pas forcément informés. Pour plus de diversité je pense qu’il faudrait plus de communication sur les réseaux sociaux de la part du mouvement électro.

Ugo : Je suis passionné donc je m’informe, il existe beaucoup de documentaires, webzines/magazines, podcasts radio, films comme Berlin Calling, qui informent de la culture de la musique électronique. De plus, avec Facebook, la circulation des événements se fait très rapidement. Cependant, ça reste une information de niches, il faut être plus qu’un amateur pour que ce type d’infos apparaissent dans ton fil d’actualité Facebook. Le mieux serait d’en parler dans la vraie vie, de faire réagir les gens, avec par exemple des affiches sur la musique electro pour la faire connaitre au peuple lambda.

 

Free-party : alcool, drogues et revendications ?

La free-party est un grand tabou. Depuis son émergence dans les années 90, elle a subi beaucoup de répressions étatiques et s’est ainsi créer une image. Négative pour certains, libertaire pour d’autres.

De part son inégalité et de son caractère très marginal, la free-party est alors vu par certaines personnes comme un rassemblement visant à ne pas respecter les règles et lois tout en répandant de la « musique ». Surtout liée aux drogues et à l’alcool, ce type de rassemblement ne rejoint pas ceux des festivals ou des soirées. Elle est à part. Le monde de la « teuf » se créer une image de « jeune en dreadlocks parcourant la France entière en camion, adeptes des drogues dures, se retrouvant avec ses compères dans des champs à taper du pied ». Ce stéréotype du « teufeur » est une représentation sociale, certes il existe ce genre de personnes, mais on assimile alors ce genre de personnes à tout un groupe. Comme pour tous les groupes sociaux. L’esprit de la free-party, comme son nom l’indique, c’est la liberté. Tout le monde est accepté, tu te coupes du monde le temps d’une soirée, en te sentant libre de faire ce qu’il te plaît, etc… Et ces libertaires revendiquent ce mouvement social et aimerait que l’on lui accorde plus d’importance et de légitimité. Selon un reportage des Heretik, l’un des premiers sound-systems français, ses membres revendiquent l’esprit libertaire et dénonce une forte répression des autorités.

Le reportage sur le sound-system Heretik

 

La consommation de stupéfiants dans le milieu de la free-party est un thème qui revient souvent à la charge. Dans ce milieu libertaire, la drogue n’est pas un tabou, elle est librement assumée. Cela crée donc un clivage entre la « réalité » où la drogue est illégale et la free-party ou elle ne constitue aucun problème. Il est vrai que l’on peut trouver plus facilement de la drogue en free-party que dans la vie quotidienne, car elle est « légalisée » dans ce genre d’évènements. Dans certains articles de presse, les participants ne se mettent pas de « limites ». Une limite consisterait alors à un embrigadement, à une norme. Et ce n’est pas l’esprit « libertaire » de la free party. L’auto-responsabilité règne et chacun devient responsable devant ses actes. Le plus souvent utilisé de façon récréative, la drogue est donc tolérée.  Malheureusement, les informations concernant les victimes d’overdose, après une forte consommation de drogues, sont assez relayées par les médias ; Ouest-France, Radio Scoop, Le Progrès, etc…

L’auto-responsabilité est donc à la fois une force et une faiblesse. Selon le reportage Free Party : mythe ou réalité, la force se situe dans le ramassage des déchets sur le site à la fin de la free-party, et la faiblesse au niveau de la forte consommation de drogues et des multiples overdoses, black out, etc…

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Free party, rave party et autres rassemblements

Au début des années 80 au Royaume-Uni, la techno apparaît dans les clubs anglais. Sous le gouvernement Thatcher, ces clubs furent soumis à des lois répressives ; ils ferment désormais à deux heures du matin. Mais pour des jeunes libertaires et festifs, c’est trop tôt. C’est à ce moment que le mouvement rave apparaît, les « travellers » parcourent le pays en organisant des événements à l’extérieur des villes.

Le sound system anglais Spiral Tribe s’allie à ce mouvement et adoptent un mode de vie nomade. En emportant tout le matériel nécessaire à l’organisation d’événements, ils organisent plusieurs free parties dans des lieux divers, en majorité dans le sud de l’Angleterre. En mai 1992, Spiral Tribe participe au festival de Castlemorton (au centre du Royaume Uni, au sud de Birmingham), réunissant environ 30 000 personnes.

Le festival Castlemorton filmé en 1992.

En conséquence de cet événement unique pour l’époque, l’Angleterre va prendre des dispositions importantes contre ces événements illégaux. En 1994, le Criminal Justice and Public Order Pact est adopté et permet aux forces de l’ordre de pouvoir lutter contre le mouvement et contre la musique techno, « caractérisée par l’émission de rythmes répétitifs ». Spiral Tribe va gagner la France et va, à partir de 1993 co-organisé des teknivals notamment à Beauvais, Millau et Tarnos. C’est le début des free-parties et des teknivals français. Mais d’ailleurs qu’est-ce qu’il les différencie ?

Une free-party est, selon Unité Warrior Free, « une fête techno gratuite où le tarif à l’entrée (donation) est libre et laissée à l’appréciation des participants. La free party se déroule souvent dans la nature ou dans des usines ou hangars désaffectés. » C’est le terme que l’on entend le plus souvent dans les médias pour désigner un rassemblement de « teufeurs » dans des propriétés privées (champs, hangars), où dans la nature (plaine, forêts, carrières). Dans le Ouest-France, le Dauphiné Libéré et dans d’autres journaux de presse local/régional, on retrouve le même genre d’article faits divers.

France 3 Bretagne était sur place lors d’une free-party organisé à Rennes

Alors ? Free-party ou rave-party ? Les deux expressions sont employés mais la rave-party est « une fête qui diffuse des musiques électroniques et des spectacles de lumières, tel un concert, […] qui se passe habituellement dans de grandes salle de spectacle et qui sont bénéfiques aux organisateurs car elles sont majoritairement à un prix fixé au préalable. Ainsi, très souvent, on y retrouve des grands artistes connus qui ont fait vibrer la scène électronique underground. On appelle les participants des « raveurs », selon le site Mémoire Online.

La différence entre les deux mouvements serait la valeur libertaire qui ne serait pas la même. Le terme « free » désigne la liberté et la gratuité. Celui de « rave » vient de l’anglais « to rave » ; délirer, s’emporter ou encore divaguer.

Le teknival, concentré de techno et festival, est, grossièrement, une grande free-party. Plus sérieusement, quand plusieurs sound-systems se rassemblent pour plusieurs jours de fêtes, cela devient un teknival. Une free-party, elle ne dépasse pas 48h et ne rassemble qu’un sound-system. Le teknival le plus connu est celui du 1er mai qui rassemble chaque année plusieurs milliers de personnes. Les participants n’hésitent pas à traverser la France pour assister à cet événement électronique annuel.

En 2017, 60 000 personnes ont participé au teknival du 1er mai à Pernay (Indre-et-Loire)

 

Dans un prochain article, la free-party sera mise à l’honneur avec ses aspects sociologiques, culturels et ses limites.

Du « boum boum » sans parole ?

Ayant définis les deux grands types de musiques électroniques, je vais dorénavant me pencher sur celui des musiques électroniques underground pour mes prochains articles.

 

Les premières critiques abordés à l’écoute des musiques électroniques sont les suivantes : trop répétitive et sans parole. Voilà pour le plus souvent, une musique qui dérange de part sa marginalité comparé aux autres musiques rap, rock, chanson, jazz, etc… Ces musiques énormément populaires rentrent dans la « norme » musicale : paroles, mélodie, refrain, etc… Les musiques électroniques posent donc un problème, un beat répétitif qui défile pendant plus de 5 minutes avec quelques « légers » changements de mélodie ou autres. Et bien cela pose un problème pour un public habitué à d’autres styles plus « classiques ». Certains viendront même à dire que « ce n’est pas de la musique ».

On peut retrouver des paroles dans certaines musiques techno, mais pour le plus souvent c’est la house qui emprunte des vocaux. Appelés « samples », des producteurs empruntent des morceaux de musiques appelés vocaux si ces emprunts résultent de voix, chants féminins ou masculins. Il existe donc quelques musiques électroniques avec des paroles mais ces dernières restent difficilement « exploitables », pour un public habitué au rock ou au rap avec des paroles et chants connus. Le principe de musiques underground est de découvrir de nouveaux morceaux, d’allier parfaitement plusieurs samples de divers horizons pour un alliage parfait. Par exemple le titre Huse B_F_O_D_A_A_S du producteur et dj Mall Grab, sorti en 2017, est un sample du titre rap Come And Take A Ride de Mad CJ Mac ‎et Poppa LQ & Sex C, sorti en 1995.

Le refrain du remix de l’australien Mall Grab que l’on entend à 1 minute et 18 secondes est le même que celui que l’on entend dans la musique du rappeur américain à 1 minutes et 24 secondes.

Voilà donc un mélange qui représente bien la musique électronique. Dans la musique techno on retrouve aussi des paroles mais sur un rythme plus rapide, plus « répétitif ».

Rock the Beat de Falhaber, sortie début 2019, est un exemple.

Notons aussi que les artistes créent aussi leurs propres vocaux, issus de leurs propres voix ou alors de façon artificielle par ordinateur.

Le public extérieur et habitué aux sonorités vocales « chantables » peut donc s’orienter vers la musique électronique samplée. Cependant, une partie du public extérieur reste aussi sur leurs avis, en critiquant la musique électronique de « musique boum boum ». Et ironiquement le groupe Salut C’est Cool à intitulé une de ses musiques « techno toujours pareil« . Dans une interview donnée à Brain Magazine :

« Techno toujours pareil, c’est une chanson un peu spéciale : ça vient du père de James (membre de Salut C’est Cool) qui disait que «la techno, c’est toujours boum-boum dans les oreilles». On a repris ça, on l’a répété et ça va à l’inverse de ce qu’il dit en fait. »

« Y’a plein de choses qui se passent dans cette musique, elle évolue beaucoup, donc c’est pas toujours pareil finalement. Puis c’est bien que ce soit boum-boum dans les oreilles aussi ; ça part de clichés ce texte, avec lesquels on n’est pas forcément d’accord non plus. Perso, je me sens pas hyper défonce-man, pourtant j’adore la techno et j’en fais. »

Deux sortes de « musiques électroniques »

Les musiques électroniques sont une des tendances artistiques les plus fortes de notre époque. La dernière à s’être imposé à la pop culture, après le rock ou le hip-hop. Cependant la musique électronique, c’est aussi une frontière interne. Aujourd’hui, le public est majoritairement jeune et connecté. Hormis des « trentenaires » encore fans et nostalgiques des premières soirées électroniques des années 80 et 90, les publics observés dans les différents lieux d’écoute de musiques électroniques se situent autour de la « vingtaine ». Tant du côté de la consommation mais aussi de la production, de la diffusion, on peut distinguer deux segments (http://electronicmusicfactory.com/lecosysteme-des-musiques-electroniques-en-france).

Le premier appelé « EDM » (electronic dance music) est celui que l’on écoute sur les plateformes de radio, télévision les plus populaires (NRJ 12, Fun Radio, CStar), et que l’on retrouve dans les plus grands festivals de musiques en France et partout dans le monde (Tomorowland, Vieilles Charrues, Francofolies, Main Square) mais aussi dans les boîtes de nuits. Pour citer les artistes les plus connus dans ce domaine ; David Guetta, Martin Garrix, Dj Snake, Calvin Harris, etc… Ce segment est le plus populaire et renvoie une image incomplète de la culture des musiques électroniques.

Le festival Tomorrowland à Doom en Belgique

L’autre segment est celui appelé « underground »(généralement appelé techno/house). On ne le retrouve pas sur les canaux de diffusions traditionnels et sa diffusion via des festivals ou soirées est très importante. Son impopularité tient de la diabolisation des années 80 des musiques électroniques, de ses formats « raves » illégales liés à l’usage de drogues, et surtout de la marginalisation de son style musical. Les lieux où l’on retrouve ce segment ne sont connus que par leurs propres publics ; en festival (Astropolis, Nordik Impakt, Weather Festival) en soirées et boîtes de nuits. Les artistes les plus connus dans ce segment : Jeff Mills, Laurent Garnier, Carl Cox, Frankie Knuckles, Kerri Chandler, etc…

Le dj et producteur français Laurent Garnier

On distingue donc une différence sociale entre ces deux segments. Le plus populaire aujourd’hui, l’EDM, s’est dé-diaboliser avec le développement de l’aspect commercial de la musique électronique. Son explosion avec des grands artistes internationaux cachent l’autre partie marginalisé de la musique électronique. De plus l’EDM est souvent critiqué par les acteurs et publics du segment « techno/house », Carl Cox y voit une approche médiatisée de la nouvelle génération des DJs EDM qui ne représente en aucun cas ce qu’il appelle l’« éthique du DJ » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_dance_music). 

L’exemple de David Guetta est important et montre bien cette frontière. Au début David Guetta était un artiste unerground qui mixait et produisait des musiques non connues et plutôt orientées vers un style House. En 2000 sort l’album « Les Bains Vol.2 ».

A partir des années 2002, David Guetta s’oriente vers l’EDM et le secteur commercial de la musique électronique. Le dj a bien l’intention d’évoluer avec ses productions et de pouvoir en vivre.

Vous avez dit musiques électroniques ?

On en parle de plus en plus de cette « musique » souvent mise à l’écart par ces décibels démesurés. Elle est souvent appelé simplement « électro », qui désigne alors un genre de la musique électronique et non la « musique électronique ». L’amalgame, souvent utilisé par le grand public, relève du raccourcissement de son nom et donc de sa stigmatisation.

Mais cependant un petit cours d’histoire s’impose. Conçu dans les années 50 à l’aide de générateurs de signaux et de sons synthétiques, à l’époque la particularité de la musique électronique est de n’utiliser que des sons générés par des appareils électroniques. Entre la fin du 19ème siècle et le début du 20ème, les premiers instruments sont enfin inventés, par exemple ; l’electromusical piano et la harpe électrique d’Elisha Gray et Alexander Graham Bell (1876), le telharmonium (ou dynamophone) de Thaddeus Cahill (1900), l’ætherophone ou thérémine de Lev Theremin (1920) (1).

Le Telharmonium de Thaddeus Cahill

Direction les années 60-70 en Europe, où les avancées technologiques sont les plus importantes avec l’arrivée des premiers synthétiseurs. On voit alors des artistes comme Georges Harrison, Jimmy Page ou encore Pink Floyd commencer à utiliser des synthétiseurs pour leurs morceaux, qui ne sont pas de la musique électronique, bien sûr. C’est le groupe allemand Kraftwerk qui vient à révolutionner le monde de la musique électronique dans les années 1970. Entre robotique et électronique, le groupe met en place une culture de la « musique planante ». Le titre Autobahn en est l’exemple :

Le synthétiseur est emprunté pour bon nombre de genres musicaux ; rock, dance, jazz. Ce dernier a joué un rôle majeur dans l’évolution de la musique électronique, de nombreux artistes comme Joe Zawinul, Chick Corea, Jan Hammer, vont apporter aux synthétiseurs des vertus inédites. Le single Rock It de Herbie Hancock sera le premier hit à contenir des techniques de DJ, comme le scratch (2). Le jazz est un exemple parmi tant d’autres, aucune musique ne résiste à l’électronique. C’est un peu comme une nouvelle conception de la musique, avec de nouvelles possibilités.

Dans les années 1980-90, c’est aux Etats-Unis que va se développer la musique électronique, plus précisément à Chicago et Detroit. Aujourd’hui considérées comme les capitales pionnières respectives de la house et de la techno. A partir de la, une multitude de sous-genres, de styles, de sous-styles viennent embellir le paysage électronique mondial. Il serait impossible de tous les citer, et pas sûr que tous soit recensés. Pour en citer quelques-uns : l’expérimental (ci-joint le sous-genre de la cold wave), deep-house, minimale, jazz house, hardstyle, garage house, low-fi house, french touch, hardcore, ambient, etc…

Le studio d’art Doherty retrace en poster l’histoire de la musique électronique (3)

 

 

Références :

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_%C3%A9lectronique

(2) https://www.cadenceinfo.com/la-musique-electro-ses-origines-et-influences.htm 

(3) https://cdn.shopify.com/s/files/1/1260/3883/products/acid-house-love-summer-of-love-blueprint-art-print-dorothy-heroB_2048x.jpg?v=1532347753