Les mythes autour de la psychopathie

Le psychopathe passionne, intrigue, notamment comme on a pu le voir dans les articles précèdent grâce à la culture construite autour de ce trouble. Entre faits divers et nombreux films le public s’interroge sur eux. Et si votre voisin, votre ex ou vous même souffriez de psychopathie ?

Des questions dont certains médias ont voulu apporter quelques réponses. Cependant la psychopathie fait l’objet de beaucoup de clichés et mythes. Nous allons donc tenter de démêler le vrai du faux des clichés exposés dans ces 5 médias.

Cet article écrit par Pierre Barthélémy, nous expose les différents signes pour reconnaître un psychopathe. Il se base sur un livre du docteur Reid Meloy « Les psychopathes, essai de pathologique dynamique ». C’est en effet un psychologue certifié et professeur de psychiatrie clinique.

Les différents signes sont :

« Le manque d’empathie et de culpabilité, la dévalorisation des autres, le manque de relation sociale, la paranoïa, caractère colérique, tromperie ».

Ces différents critères viennent du psychologue Eliott Turel, qui a déterminé un profil de la personnalité psychopathe ou antisociale en 1992, comme le cite Cathy Léveillé dans son mémoire de psychologie pour l’université du Québec à Montréal.

Sur ce point l’article dit vrai, il est cependant important de dire que diagnostiquer la psychopathie chez quelqu’un n’est pas si simple.

Sara Araujo Gonçalves, dans un mémoire de psychologie pour l’université de Lausanne, précise que pour « poser un diagnostic (…) le clinicien doit prendre en compte tous les aspects du fonctionnement personnel (…) en parallèle, l’évaluation de l’individu doit se fonder sur le plus grand nombre possible de sources d’informations pour que puisse être posé le diagnostic de trouble de la personnalité ».

Le psychiatre Samuel Leistedt précisait aussi pour le média Slate qu’« apprendre à diagnostiquer un psychopathe n’est pas facile, non seulement les définitions et les traits de caractère des psychopathes sont contestés, mais les étudiants ont des chances très limitées d’interviewer des psychopathes ».

Malgré quelques informations correctes, il faut préciser que cet article est très vulgarisé et qu’il est bien évidemment impossible de détecter un psychopathe en 8 signes. Mais il peut tout de même servir à en savoir plus sur les symptômes de cette lourde pathologie.

 

Dans cet article, les critères définis par le psychologue Eliott Turel pour définir un comportement psychopathe, sont tournés en questions, par exemple : « manque d’empathie : la personne se désintéresse-t-elle des souffrances d’autrui ? (…) absence de remords ou de culpabilité : la personne ne se sent-elle jamais coupable ? Sens grandiose du  » moi  » : la personne a-t-elle une (très) haute opinion d’elle-même ? ».

Contrairement au premier article, celui-ci possède de très bonnes sources (comme l’audition participante de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge de la psychopathie ou encore le livre « Forensic Uses of Clinical Assessment Instruments », écrit par un psychologue) et précise que ce test n’est pas à prendre au pied de la lettre.

 

Wikihow est un cite célèbre pour ses articles sur des sujets très particuliers tel que : « Comment se comporter de manière féminine », « comment manger un bol de céréales » ou « comment briser un couple ».

Mais cette fois-ci ils nous apprennent à identifier un psychopathe. Les aspects de la personnalité du psychopathe énumérés sont semblables à ceux vus dans les deux premiers articles.

Cependant les sources de celui-ci sont en grandes parties des médias comme NBC, Forbes ou encore le Daily Mail (journal tabloïd très célèbre en Angleterre qui, d’ailleurs, selon le Décodex de Le Monde, n’est pas une source fiable).

Malheureusement la psychopathie est un sujet qui n’est parfois pas bien traitée dans la presse comme le précise Caroline Guibet Lafaye et Pierre Brochard dans le texte « Entre faits divers et débats publics : comment la presse écrite aborde la psychiatrie ? ».

En effet à plusieurs reprises les médias ont fait des erreurs sur l’état de santé mentale d’une personne :

« Les médias apportent même un diagnostic avant qu’il ne soit confirmé. Apparaissent alors des titres comme “un schizophrène a poignardé son professeur”, pour se rendre compte trop tard qu’il ne s’agissait aucunement d’un cas de schizophrénie ». Or, même si la vérité est finalement rétablie, le mal est fait : la rapidité de traitement de l’information, en particulier sur l’internet, engendre des erreurs qui restent gravées dans les esprits (ibid.) ».

Un article basé en grande partie sur des articles de presse non spécialisés n’est donc pas vraiment fiable.

 

Ce site nous permet de savoir si nous sommes atteints de psychopathie en 6 questions. Voici quelques extraits :

– « Tu te regardes très souvent dans le miroir pourtant aujourd’hui quelque chose ne va pas… Qu’est-ce que c’est ? » réponses : je n’aime pas mon visage, j’ai une grande cicatrice sur le visage, j’ai grossi, sur le miroir ce n’est pas moi

– « Tu as soif, et tu as enfin trouvé un distributeur de boisson. Bizarrement, les boissons n’ont pas de marque. De quelle couleur ta boisson serait-elle ? » réponses : rouge, bleu, jaune, transparent

– « Tu es dans une forêt la nuit et tu es en train de regarder un pavillon abandonné… tu sens quelque chose passer derrière toi. C’était quoi ? » réponses : une personne, des feuilles, un chien ou un animal sauvage

En faisant le test je me suis malheureusement rendu compte que j’étais une psychopathe à 80%, ce à quoi le site me répond : « tu es quelqu’un de pas banal ! Mais sache que ça fait partie de ton charme et que tu es unique et irremplaçable ! ». Me voilà rassurée.

Le problème avec ce quizz c’est qu’il se calque très bien à la représentation du psychopathe « serial killer ». Image qui colle à la peau des malades, alors que selon le psychiatre Samuel Leistedt, « contrairement à la croyance populaire et à ce que véhiculent souvent les médias, tous les psychopathes ne sont pas de grands criminels dans le sens littéral du terme, et encore moins des tueurs en série ».

 

Cet article est une interview de Jen Waite, qui raconte sa vie en relation amoureuse avec un psychopathe.

L’une des principales caractéristiques du psychopathe est le manque d’empathie, comme le précise Cathy Léveillé dans son mémoire : « l’échelle de psychopathie de Hare (1991) les décrit d’ailleurs comme étant des êtres “sans remords ou culpabilité“ et “insensibles, manquant d’empathie“ ».

Jen Waite explique que son ex-mari utilisait « les apitoiements, les histoires à faire pleurer dans les chaumières » pour se placer en « victime ».

Le psychiatre Hervey Cleckley parlait du psychopathe comme étant « un individu qui se caractérise par son charme superficiel et une bonne intelligence, qui ne présente ni délire ni pensée délirante ».

Certains utilisent donc un « “masque de normalité“ afin de se conformer à des codes de vie en société dans le but de gagner la confiance des personnes qui l’entourent » selon Sara Araujo Gonçalves.

Le psychopathe, malgré son comportement difficilement supportable, reste quand même victime de la maladie. Ces caractéristiques ne sont pas de son fait. Il est aussi important de dissocier « serial killer » de psychopathe.

 

Maëlenn Nicolas.

Les psychopathes sont-ils correctement représentés au cinéma ?

Quel est le point commun entre « Psychose », « Orange Mécanique », « American Psycho », « We need to talk about Kevin », « Joker », « Le silence des agneaux » ou encore « Seven » ? Tous ces films ont pour personnage principal ou secondaire un psychopathe.

Ce trouble de la personnalité antisociale fascine, intrigue et inquiète à la fois. Grâce aux faits divers relatant les pires de leurs actions, certains psychopathes se sont retrouvés propulsés sur le devant de la scène, ce qui a attiré l’attention de plusieurs réalisateurs.

Films qui selon leur synopsis décrit les personnages comme étant de réels psychopathes ou s’en inspirant. Cependant cette représentation au cinéma est-elle le reflet de ce qu’est réellement un psychopathe ?

Pour rappel (plus de précisions dans cet article) la psychopathie est un trouble de la personnalité antisociale complexe, qui se caractérise le plus souvent par le manque d’empathie. 

Il y a deux types d’empathie : cognitive (« capacité de reconnaître ce que pense ou ressent quelqu’un d’autre ») et affective (« capacité de ressentir une émotion appropriée en réponse aux pensées et aux sentiments de quelqu’un d’autre »).

C’est pourquoi représenter ce trouble sur le grand écran peut parfois s’avérer difficile.

Le film « Joker » de Todd Phillips, sortie il y a deux mois, parle du célèbre personnage de comics le Joker avec un ton beaucoup plus sérieux.


Notamment par rapport à sa santé mentale, en effet le personnage pendant tout le long du film montre un comportement qui le marginalise, ainsi que son fameux rire qui est ici présenté comme une maladie. Mais ce film, qui est d’ailleurs un succès au box-office avec plus de 4,6 millions d’entrées en France, pourrait donner aux spectateurs une image biaisée de ce qu’est un psychopathe. C’est en effet ce que déclare Ziv Cohen, un psychanalyste qui craint que « ce film sur les origines de Joker ne stigmatise encore un peu plus les maladies mentales ». La représentation du malade mental est parfois trop fréquemment liée à la violence au cinéma, ce qui renforce des « stéréotypes erronés ».

« La recherche indique clairement que les personnes atteintes de maladie mentale ne sont pas plus violentes que le reste de la population. »

D’ailleurs selon lui, le futur grand méchant de la saga Batman représenté dans ce film, ne serait pas atteint d’une maladie mentale qui expliquerait son comportement hors la loi.

« En fait, les personnes atteintes de maladie mentale sont plus susceptibles d’être victimes de crimes que de les commettre. »

Ziv Cohen n’est pas le seul à remettre en question la santé mentale de ceux qui sont présentés comme des psychopathes dans plusieurs longs-métrages.

Deux psychiatres belge, Samuel Leistedt et Paul Linkowski, ont voulu savoir si la représentation des troubles antisociaux dans les films était bonne selon leur point de vue professionnel.

De ces recherches, les psychiatres ont écrit un article pour le journal Forensic Sciences.

Après 3 ans de travail et le visionnage de 400 films, la conclusion est assez claire.

Dans ces films de tous genres, les psychiatres ont sélectionné 126 caractères psychopathiques fictifs « sur la base du réalisme et de précision clinique de leurs profils » (21 femmes et 105 hommes) et seulement 20% d’entre eux correspondraient au diagnostic de la psychopathie.

« Caricaturés comme sadique, imprévisible, sexuellement dépravé et émotionnellement instable avec une contrainte de se livrer à la violence », le psychopathe joue souvent le rôle du grand méchant.

Cette image est due à une « mauvaise ou une compréhension incomplète des personnalités psychopathes » selon les deux psychiatres.

Cependant cette représentation n’est pas fixe dans tous les films, elle a évolué dans le temps. En effet dans le cinéma des années 1950, le psychopathe était incarné par un « gangsters, savants fous, super-vilains, tueurs en série, et bien d’autres types de criminels génériques ».

C’est avec l’actualité que le profil a migré vers des personnages beaucoup plus aliénés, avec plus de vices. Notamment l’affaire Ed Gein survenue en 1957. Celui-ci « déterrait les cadavres de femmes pour les dépecer et se faire des déguisements », comportement qui d’après les auteurs de l’article serait dû à une forme de psychose plutôt que de la psychopathie. Un récit terrifiant qui inspire les cinéastes.

© Capture d'écran Allo ciné
© Capture d’écran Allo ciné

Un nouveau genre est alors apparu tout d’abord au travers du très célèbre « Psychose » de Alfred Hitchcock, avec le terrifiant Norman Bates. Puis le personnage de Leatherface dans « Massacre à la tronçonneuse » ou encore « Vendredi 13 », dans lequel la lumière est faite sur des crimes sanguinaires.

Puis dans les années 70:

« L’arrestation et la popularité des tueurs en série tristement célèbres John Wayne Gacy, Jeffrey Dahmer, et Ted Bundy (…) a conduit à une augmentation supplémentaire de la description de la façon dont psychopathie et enquêtes criminelles ont été perçus et dépeints dans les films. »

C’est à partir de ces histoires que le psychopathe a commencé à incarner une image d’un « sur-humain » dans les films, doté d’une « intelligence exagérée, manières sophistiquées et ruse ».

Caractéristique que l’on a pu notamment voir à l’œuvre avec Hannibal Lecter dans le film le « Silence des Agneaux ». Les auteurs de l’article s’attardent plus longuement sur ce personnage qui est, selon eux, « typique des caractères irréalistes mais sensationnels » et la figure du psychopathe la plus « caricaturée ».

Entre son « charisme désarmant », sa « civilité sociale sophistiqué », les psychiatres soulignent le fait que ces « caractéristiques personnelles » ne sont pas présentes chez la plupart des personnes atteintes de psychopathie.

Pourtant Hannibal Lecter est certainement le rôle du psychopathe le plus célèbre du cinéma, grâce au succès que le film a connu, 5 oscars au total : oscar du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario adapté.

Autrement les personnages jouant les psychopathes dans les films sont souvent « basés sur des psychopathes réels », comme on peut le voir dans « The Onion Fieds » avec James Wood qui incarne Gary Gilmore, un meurtrier américain célèbre pour sa condamnation à mort, ou encore Charles Starkweather, incarné par Martin Sheen dans « La Balade Sauvage ».

La représentation du psychopathe a une nouvelle fois changé dans les années 2000. Cette fois-ci, une version plus réelle prend le dessus, le psychopathe est quelqu’un de « plus humains et vulnérables, ayant de véritables faiblesses » et plus « réaliste d’un point de vue clinique ». Une nouvelle direction qui s’explique grâce aux changements des « définitions et les critères de la psychopathie ».

Le personnage le plus intéressant selon les psychiatres belges dans cette période est Anton Chigurh dans « No Country for Old Men » sorti en 2007.

© Amazon
© Amazon

Le comportement du personnage incarnerait très bien celui d’un psychopathe c’est à dire : « l’incapacité d’aimer, absence de honte ou de remords, manque de perspicacité, incapacité d’apprendre de l’expérience passée, attitude de sang-froid, cruauté, détermination totale et manque d’empathie ».

Au final les deux psychiatres s’accordent à dire que la « psychopathie au cinéma en dépit d’une réelle évolution clinique reste fictive ».

Maëlenn Nicolas.

Les troubles de la personnalité antisociale chez l’enfant

Loin de la représentation que l’on peut se faire du petit être angélique, certains les enfants peuvent montrer des signes très similaires à ceux des Serial Killer. C’est de ces enfants, atteints du trouble de la personnalité antisociale, dont nous allons parler aujourd’hui.

Les premières années de la vie d’un être humain sont très importantes. Elles vont en parti définir son comportement, mais aussi ses relations avec les autres. Comme le précise ce document du Centre d’entraînement aux Méthodes d’Éducation Active, c’est à partir de 6 ans qu’il va acquérir un sens moral et avoir des relations sociales.

Erwan Dieu, criminologue et Olivier Sorel, psychologue, expliquent que c’est pendant l’enfance que la personne atteinte de troubles antisociaux va développer « une série de comportements agressifs et antisociaux, marqueurs des troubles des fonctions d’attachement et de contrôle ».
Ces comportements se manifestent dans « leur vie affective, leur manière de voir le monde et de l’appréhender, leurs relations à autrui » selon le Conseil Supérieur de la Santé.

Beth Thomas, une enfance pas comme les autres 

Les parents sont aussi très importants dans ce processus, il représente la première image que l’enfant va avoir de l’adulte. Mais il arrive aussi parfois que les faits d’un des parents puissent avoir de lourdes conséquences sur les représentations du monde de l’enfant. C’est le cas de Beth Thomas. Comme on peut le voir dans le documentaire « Child of Rage », les parents adoptifs de la petite fille ont vite remarqué des comportements étranges chez elle.

Entre menace, meurtre d’animaux et violences sexuelles sur son petit frère, Beth répondait à plusieurs critères de la triade Macdonald. Critères qui selon la criminologue Michèle Agrapart-Delmas seraient présents « chez presque tous les tueurs en série (…) pendant l’enfance ».  Des images très déroutantes où l’on peut entendre la petite fille dire au Dr Ken Magid « j’ai essayé de tuer mon frère », sans aucuns remords. On apprend au final que Beth fut abusée sexuellement par son père biologique et affamé avant son adoption, c’est à dire pendant les deux premières années de sa vie. Dans ce cas elle répondrait plus aux caractéristiques d’une sociopathe car c’est son environnement qui l’a conditionné à devenir violente. Beth manquait cruellement d’attachement, elle était incapable d’aimer.

Mais que se passe-t-il quand les enfants montrent ce genre de comportement même sans avoir vécu d’épisode traumatique ?

Dans le documentaire « The Dangerous Few » de la chaîne Real Stories, on découvre Cody, un petit garçon, qui a mis un chat au micro-ondes à l’âge de 3 ans et qui a tué le chien de sa grand-mère sans se sentir coupable de quoi que ce soit.

Malgré un cadre de vie plutôt sain, le petit garçon a montré des signes violents très tôt. Sur les images on peut voir la mère de Cody lui interdire de toucher ses petites sœurs (9’00), tellement son comportement était imprévisible.

On peut découvrir aussi le récit de la petite Lauren, diagnostiquée à l’âge de 4 ans de troubles de la conduite. Sa mère déclare avoir déjà pensé que sa fille « était capable de la tuer pendant son sommeil ».

Cependant, une question aussi se pose parfois pour les professionnels de la santé : est ce qu’on peut réellement diagnostiquer la psychopathie ou la sociopathie chez l’enfant. L’American Psychiatric Association  a tranché la question dans le Manuel Diagnostic et Statistique des troubles mentaux en disant qu’on peut valider « le diagnostic de troubles de personnalité chez l’enfant, lorsque les manifestations durent plus d’un an ».

Cet avis est aussi partagé par le psychiatre Hugo Marietàn, qui s’oppose à l’idée selon laquelle l’enfant est « un adulte incomplet, qui mériterait pour cela un traitement privilégié », en effet selon lui « les jeunes sont pleinement conscients de ce qu’ils font et savent ce qui est mal ».

Les enfants dont nous parlons dans cet article ne sont pas devenus des serial killer, bien heureusement. Beth Thomas est d’ailleurs devenu infirmière et a écrit plusieurs livres.

Maëlenn Nicolas.

 

 

 

 

La psychopathie peut-elle être soignée ?

Cela fait maintenant deux articles que nous traitons sur les troubles de personnalité antisociale. Constater leur présence c’est une chose, mais existe-il des solutions à ces maladies ? C’est ce que nous allons tenter de voir.

La psychopathie, une pathologie dont on entend souvent parler, elle fascine parfois, mais est difficile à définir. C’est ce qu’avance Laurent Mucchielli, un sociologue et chercheur au CNRS, qui explique dans un dossier participant de la Haute Autorité de Santé  que ce mot est parfois utilisé comme « fourre-tout ». Cependant il résume simplement ce trouble en plusieurs mots : impulsivité, froideur affective, égocentrisme, intolérance à la frustration.

Le psychiatre allemand Emil Kraepelin lui, définit la psychopathie par :

« Le manque de moralité et de sens des responsabilités, associé au mensonge, à l’escroquerie et à un coté charmeur ».

Les psychopathes sont donc malgré eux, dangereux pour les autres. Cependant il ne faut pas uniquement les pointer du doigt, mais essayer si cela est possible, de les soigner. Quand on sait que certains spécialistes apprennent aux robots à simuler l’empathie, pourquoi les psychopathes n’en seraient pas capables ?

« Soigner le psychopathe, c’est impossible ! »

Soigné la psychopathie est un débat qui divise. D’un côté certains sont catégoriques : c’est impossible.

C’est le constat qui se dégage de la revue « Topique, La psychanalyse aujourd’hui » de Jean Pierre Chartier. Ce docteur en psychologie, psychanalyste, directeur de l’École de psychologues praticiens et professeur de psychanalyse , est ferme : « soigner le psychopathe, c’est impossible ! ».

Selon lui, c’est une perte de temps car :

« Leurs chances de guérison relèveraient de la spéculation théorique, voire d’un délire psychanalytique ».

Il va même plus loin en expliquant qu’en plus de son caractère inatteignable, la thérapie peut s’avérer être dangereuse. Il prend l’exemple d’une étude de Marnie E. Rice, Grant T. Harris et Catherine A. Cormier sur les psychopathes. Comme l’explique le livre Articulation Clinique-Recherche à la page 84, les trois auteurs ont observé des sujets dans le cadre du programme de traitement communautaire du Penetanguishene. Parmi les non-psychopathes, les psychopathes s’épanouissaient, cette expérience aurait flatté leur estime de soi. Cependant, tandis que les non-psychopathes apprenaient à être plus empathiques, l’effet inverse s’est déroulé pour les psychopathes. En effet ils essayaient de paraître plus empathiques « afin de duper et manipuler davantage autrui ».

Cependant à la fin de son article le psychologue Jean Pierre Chartier explique qu’il est nécessaire « d’adapter notre technique (…) il nous reste à l’évidence énormément de progrès théoriques et techniques à effectuer ». La plus grande difficulté vient aussi du fait que « le psychopathe n’exprime aucune demande d’aide psychologique ».

C’est aussi ce qu’avançait le célèbre neurologue et fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud.

Référence : Max Halberstadt
Référence : Max Halberstadt

Pour lui la psychanalyse n’est pas adaptée aux psychopathes, c’est ce qu’il dit dans son article « De la psychothérapie » : « la psychanalyse n’est pas un traitement pour la dégénérescence psychopathique, c’est même là où elle se voit arrêtée (…) la psychanalyse n’est pas faite pour les canailles ».

 Un avis partiellement partagé par Michel Benezech, professeur de médecine légale et psychiatre des hôpitaux, dans le reportage de Olivier Raffet « Serial Killers, enquête sur les tueurs en série »  (à 17min). Celui-ci est interviewé sur les potentielles solutions pour soignés les psychopathes tueurs en séries. « Ces perversions sadiques jointes à ces personnalités pathologiques rendent extrêmement difficile les psychothérapies », selon lui la seule vraie solution reste la prison « dans l’état actuel de la science il n’y a guère que la justice qui peut protéger la société par des incarcérations de très longues durées ».

Les solutions préconisées par les spécialistes

Dans un article de Vice, une personne anonyme explique une partie de son enfance, très similaire à celle d’un psychopathe. Dès l’âge de 10 ans il montrait des signes évident de la triade Macdonald  avec le manque d’empathie envers les animaux, ou encore le côté très solitaire des enfants psychopathes. C’est en découvrant cette triade qu’il a remarqué qu’il n’était pas un enfant comme les autres.

Il s’en prenait aux « des petites espèces comme les lézards, les grenouilles ou les escargots » car il ne les identifiait pas comme des êtres vivants, « j’arrachais leurs membres ou les brûlais vivants à l’aide d’allumettes (..) « je découvrais un sentiment de toute-puissance, comme si j’étais Dieu ».

Dans ce cas le remède fut le temps « avec l’âge, j’ai fini par laisser ces jeux de côté. Je me suis fait des amis, ai gagné en indépendance et je suis entré dans une adolescence relativement normale »

Mais bien évidemment dans la plupart des cas, ce trouble ne s’évapore pas si facilement.

Pour ceux qui montrent encore des signes forts dans leur comportement, la Haute Autorité de Santé tente de trouver des solutions. C’est de ce qu’on peut lire dans leur audition publique sur « La prise en charge de la psychopathie ». Le psychanalyste Jean-Pierre Chartier explique qu’il existe deux solutions, corriger ou réparer : « l’optique correctrice (comme dans une maison de correction) vise à restaurer un principe de réalité sociale (…) l’option réparatrice ambitionne de reprendre un processus d’humanisation qui s’est vu entravé ». Cela revient à refaire toute l’éducation et la vision que peut avoir le psychopathe sur le monde qui l’entoure, « c’est un véritable redémarrage qu’il faut entreprendre ».

Les démarches qui sont expérimentées dans les centres de réinsertion sociale sont assez différentes de celles des psychologues.

Anne-Cécile Jacot, chargée de mission « Jeunes » à la Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale, voit trois façons pour prendre en charge un psychopathe :

  • Des enseignements : « mise en place d’une relation de confiance », « suivi rapproché basé sur une communication forte entre partenaires », « prise en charge globale », « détecter le moment propice pour engager la démarche de soin ».
  • Des questionnements
  • Savoir rester vigilant

Bruno Albert, qui travaille dans le centre d’hébergement et de réinsertion sociale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) explique qu’il essaye de faire en sorte de traiter les psychopathes comme des personnes ordinaires. Cette démarche permet d’évaluer le comportement du sujet. Elle est aussi divisée en plusieurs étapes : « évaluation des compétences professionnelles », « évaluation de la socialisation sur le collectif », « évaluation réalisée au quotidien par tous les personnels sur les gestes et les attitudes de la vie quotidienne », « repérer les attitudes de ritualisation » etc. Selon lui les résultats sont plutôt positifs : « les échanges entre nos secteurs médicaux et sociaux sont bénéfiques pour les personnes dont nous avons la charge » sans plus de précisions.

Du côté de l’avis de la médecine, ce qui est essentiel selon le psychiatre des hôpitaux Pierre Lamothe, pour que la thérapie fonctionne, c’est qu’il faut qu’elle « ne soit pas réduite à l’observation entomologique (et) accepte la dimension relationnelle ». Il est fondamental selon lui de repousser les limites relationnelles que peut imposer le métier de thérapeute « la vulnérabilité (…) et son engagement est donc particulièrement nécessaire avec le psychopathe ».

Le médecin-chef au service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires, Bruno Gravier parle d’un accompagnement thérapeutique qu’il réalise en deux axes. Le premier est au niveau institutionnel et consiste à « travailler l’anticipation et la réponse aux passages à l’acte par les équipes en charge du sujet ». Et le deuxième au niveau individuel, « aider le patient à la mise en mots et à la mentalisation ». La aussi, les résultats ne sont pas renseignés.

La prison : un bon traitement pour la psychopathie ?

Il arrive parfois que les psychopathes se retrouvent en prison, dû au caractère illégal de leurs pulsions. Selon les spécialistes les conséquences peuvent s’avérer être graves, déjà au niveau de la personne atteinte de psychopathie.

Référence : centre pénitentiaire de Fresnes © AFP / Philippe LOPEZ
Référence : centre pénitentiaire de Fresnes © AFP / Philippe LOPEZ

Pour le psychiatre Pierre Lamothe, le problème de cet environnement vient surtout des acteurs qui y vivent :

« La prison favorise (…) le fonctionnement par un échange limité au donnant-donnant, variété à peine améliorée de la relation d’emprise. Le psychopathe a au contraire besoin d’un échange supérieur tel qu’il se fait couramment entre les personnes matures ».

Mais un psychopathe en prison engendre aussi des difficultés pour le personnel, selon le médecin Bruno Gravier « ce sont les comportements les plus difficiles à supporter par le personnel, qu’il soit soignant ou de surveillance ». En effet il arrive que les psychopathes les manipulent sous une forme de chantage, menaçant de se mutiler. Ce qui, précise le médecin, n’a rien à voir avec un comportement suicidaire. Leur objectif ? « L’assujettissement de l’institution pénitentiaire à leurs demandes ».

Pour conclure aucunes solutions miracles n’est préconisées pour le moment, mais peut être un jour la psychopathie sera soignable grâce à un simple cachet.

Le rapport du serial killer à la psychopathie

Dans la presse, le mot « psychopathe » est souvent prononcé pour désigner les meurtriers récidivistes. Certains d’entre eux utilisent même cette maladie pour mieux se défendre lors de leur procès. Mais cette pathologie a été diagnostiquée que chez certains d’entre eux.

Quel est le point commun entre John Wayne Gacy, le clown tueur d’adolescents, Ted Bundy le tueur d’étudiantes et Charles Manson, le gourou qui a fait trembler l’Amérique ? Leurs troubles de la personnalité antisociale.

Pour comprendre en quoi cela consiste, n’hésitez pas à vous référer à l’article « Qu’est ce les troubles de la personnalité antisociale ? ».

Comme précisés dans l’article précédent, ces troubles se manifestent fréquemment à travers une maladie s’appelant la psychopathie.

Pour rappel, psychopathe ne veut pas forcément dire tueur. Mais il s’avère que les serial killers les plus connus du 20ème siècle étaient fréquemment atteint de cette pathologie.

La psychopathie correspond à « un mode de fonctionnement caractérisé par des relations interpersonnelles superficielles, des occupations sociales instables et souvent, mais pas toujours, des activités criminelles » selon La Réponse du Psy.

Des serial killers qui ont fait trembler l’Amérique

Pour Michel Benezech, professeur associé de médecine légale à l’université de Bordeaux II et   psychiatre des hôpitaux, on parle de tueurs en série quand il y a récidive, il faut que la personne est commise plus de trois meurtres.

Mais les psychopathes dont nous allons parler ne se sont pas contentés que de trois meurtres. Les trois serial killers qui vont suivre ont fait trembler les Américains et ont été le cauchemar des policiers pendant plusieurs années.

Tout d’abord John Wayne Gacy, celui qui selon Le Parisien, a inspiré Stephen King pour son livre « Ça ». Cet homme apprécié du voisinage, se déguisait parfois en clown pour faire plaisir aux enfants à l’hôpital. Pourtant, derrière ce costume se cachaient de terribles vices. Au total il a violé, torturé et assassiné 33 adolescents en moins de 6 ans.

Référence : Pogo le clown. Photo: Collection personnelle de John Wayne Gacy
Référence : Pogo le clown. Collection personnelle de John Wayne Gacy

Arrêté en 1978, John Wayne Gacy avait déjà été 10 ans auparavant soupçonné de viol.

En effet, le 10 mai 1968, après qu’un jeune homme porte plainte contre lui, il fût inculpé pour sodomie. Libéré par la suite, il aura fallu 5 mois avant qu’il ne soit à nouveau arrêté. Mais cette fois, le juge demanda à ce que le futur meurtrier passe des tests psychiatriques.

Les résultats démontreront qu’il était « complètement sain d’esprit, mais que c’était un être asocial, sociopathe qui ne pourra jamais être guéri ».

Charles Manson, un fantôme qui hante toujours les Américains. Ce sadique hors-pair a su mener sa barque pour atteindre ses plus noirs désirs. Il était au bon moment au bon endroit, ce qui lui a valu une montrée en puissance dans les années 60. Jamais directement impliqué, il était le cerveau de plusieurs meurtres prémédités dont le plus connu, celui de l’actrice Sharon Tates, enceinte de 8 mois.

Stéphane Bougroin, un écrivain français qui a rencontré de nombreux serial killers dans sa carrière, a été marqué par ce personnage. Il décrit Charles Manson comme quelqu’un :

« D’extrêmement manipulateur. Contrairement à ce que beaucoup de médias disent, il n’était pas fou, il savait très bien ce qu’il faisait, c’était un pur psychopathe. Il n’avait pas d’affect, pas de sentiment, pas l’ombre d’un remords par rapport à ses crimes. Evidemment, il avait des troubles du comportement, mais il était cohérent dans ses troubles.»

De nombreuse similitudes avec un autre meurtrier : Ted Bundy alias le « tueur d’étudiantes », qui aurait commis au moins 36 homicides. L’homme qui était décrit par son entourage comme quelqu’un de « gentil, attentionné et emphatique », était l’une des personnes les plus recherchées aux Etats-Unis.

Une semaine avant son exécution le 24 janvier 1989, il déclarera « je ne me sens coupable de rien… Je plains ceux qui se sentent coupables… Je suis un salopard sans pitié ».

Les similitudes entre les psychopathes et les tueurs en série

Dans la revue scientifique Annales Médico-Psychologiques, les psychopathes sont définis comme des êtres « exubérants, volubiles, parfois grandiloquents, souvent égocentriques, manipulateurs et surtout totalement insensibles aux autres. Sur le plan affectif, leurs émotions sont superficielles et labiles. »

Des symptômes qui ressemblent cruellement au comportement que Charles Manson pouvait avoir. Egocentrique lorsqu’il forçait les membres de la « Manson Family » à écouter uniquement ses propres chansons. Exubérants pour les nombreuses fois où il s’est donné en spectacle pour la presse comme on peut le voir dans cette vidéo :

Et manipulateur car il a réussi à faire en sorte que d’autres personnes tuent pour lui volontairement comme Charles Watson, Susan Atkins ou encore Clem Grogan.

La psychopathie touche surtout chez l’être humain l’empathie. Il est donc impossible pour les psychopathes de comprendre ou de ressentir les émotions d’un autre individu, de « se projeter dans une personne afin de comprendre ses sentiments et de prédire ses comportements ».

Ces caractéristiques nous renvoient aussi aux déclarations de Ted Bundy, coupable d’au moins 36 morts et qui ne se sent « coupable de rien ».

Des psychologues et des chercheurs, affirment aussi cette thèse dans l’article scientifique « La psychopathie et son évaluation ». Selon eux, les psychopathes sont incapables de s’attacher aux autres. La violence constitue un plaisir et une sorte de besoin primaire pour le malade, car il agit « pour l’assouvissement de leurs désirs de pouvoir, de gains, et non en réaction à des évènements ou à des situations ».

Dans certains cadres hospitaliers de type psychiatrique, l’évaluation de la psychopathie se fait en fonction des délits commis (nombre, caractère violent ou non).

Malheureusement les études sur la santé mentale des personnes atteintes de troubles antisociaux sont compliquées à mener. Comme le disent Luis Hernan et Mardones Navarro « les psychopathes ne consultent pas ».

La plupart des serial killers suivraient le même cheminement, plus connu sous le nom de « triade MacDonald » ou « triade de la sociopathie ». Comme l’explique l’Incorrect , cette triade montre les signes que manifestent les psychopathes dès leur enfance. Tout d’abord : la cruauté envers les animaux, la pyromanie, de l’énurésie après l’âge de cinq ans.

Référence : psychologytoday.com
Référence : psychologytoday.com

Même si tous les psychopathes ne sont pas des meurtriers, la psychopathie est l’une des maladies les plus fréquentes chez les meurtriers récidivistes.

 

Maëlenn Nicolas.

Qu’est ce que les troubles de la personnalité antisociale ?

Les rapports sociaux sont au cœur de la communication de l’être humain. Les interactions commencent dès la naissance, comme le dit le théoricien Paul Wazlawick « on ne peut pas ne pas communiquer ». Selon la pyramide de Malsow, le besoin d’appartenance, c’est à dire faire parti d’un groupe, se sociabiliser, avoir des amis etc, correspond au 3ème besoin le plus important dans la vie de l’Homme. Pourtant, les relations humaines peuvent s’avérer difficiles dans le cas des troubles antisociaux.

Le Cri de Edvard Munch
Le Cri de Edvard Munch

Le dictionnaire Larousse définit cette pathologie comme un  :

« Trouble de la personnalité caractérisée par le mépris des normes sociales, une difficulté à ressentir des émotions, un manque d’empathie et une grande impulsivité ».

Les troubles de la personnalité antisociale se manifestent de plusieurs façons, ces caractéristiques permettent de différencier deux pathologies : les sociopathes et les psychopathes. Très proches en théorie, ils existent pourtant des différences capitales entre ces deux maladies.

Quels signes ? 

La société America Psychatric Association a réalisé un manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux , qui est généralement utilisé par des psychologues et des psychiatres pour soigner des gens malades. Ce manuel permet d’expliquer les déclinaisons, les conséquences et la façon dont se manifestent les troubles mentaux.

CRÉDIT PHOTO : AURUMARCUS | GETTY IMAGES
CRÉDIT PHOTO : AURUMARCUS | GETTY IMAGES

Selon les auteurs, les troubles antisociaux correspondent à :

« Un mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui qui apparaît dans l’enfance ou au début de l’adolescence et qui se poursuit à l’âge adulte (…) Les individus qui ont une Personnalité antisociale manquent souvent d’empathie et tendent à être immoraux, cyniques et à mépriser les sentiments, les droits et la souffrance des autres. Ils peuvent avoir une opinion orgueilleuse et arrogante d’eux-mêmes ».

Leur manuel est aussi très réputé pour son classement des critères diagnostiques (F60.2), réalisé dans le but de montrer comment définir un être antisocial :

I) Mode général de mépris et de transgression :

  • Incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux
  • Tendance à tromper par profit ou par plaisir, mensonges répétés, utilisation de pseudonymes ou des escroqueries
  • Impulsivité ou incapacité à planifier à l’avance
  • Irritabilité ou agressivité, indiquées par la répétition de bagarres ou d’agressions
  • Mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d’autrui
  • Irresponsabilité persistante, incapacité d’assumer un emploi stable ou d’honorer des obligations financières
  • Absence de remords, indiquée par le fait d’être indifférent

II) Âge au moins égal à 15 ans.

III) Manifestations d’un Trouble des conduites débutant avant l’âge de 15 ans.

IV) Les comportements antisociaux ne surviennent pas exclusivement pendant l’évolution d’une Schizophrénie ou d’un Épisode maniaque.

Comment se manifestent-ils dans la société ? 

 

 

Une vidéo Youtube venant de la chaîne Les Philogynes présentée par Léo diplômé d’un master de psychologie à Paris Descartes, explique la différence entre la sociopathie et la psychopathie. Par exemple sur le traitement d’émotions négatives, les psychopathes y seraient moins sujets au contraire des sociopathes. Les deux pathologies ne se manifestent pas pour la même raison, dans 75 % du cas « le psychopathe est fortement déterminé psychologiquement », tandis que le sociopathe se construit « il y a une forte composante environnementale ». C’est effectivement ce qu’explique le manuel de l’AMA (1), car les personnes ayant une personnalité antisociale seraient plus nombreuses « dans des centres de traitement de la toxicomanie, dans des prisons et dans des contextes médico-légaux (…) à des niveaux socio-économiques et à des environnements urbains défavorisés. »

Le crime est souvent associé à la personnalité antisociale, mais ce n’est pas uniquement de cette manière que ce trouble se manifeste. Par exemple dans le cas de la sociopathie, cette maladie est beaucoup plus commune, et même sans que les personnes atteintes soi averties.  Il existe le « sociopathe près de chez vous ». C’est ce qu’explique la psychologue américaine Martha Stout, d’après le Figaro Santé ,  qui estime que si un sujet présente au moins 3 critères sur 7 du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, le sujet peut être qualifié de sociopathe. Elle écrit dans son livre « The sociopath next door » que la sociopathie toucherait 1 Américain sur 25. Cela voudrait dire qu’une partie de la société américaine serait sociopathe sans même en avoir conscience.

Toujours d’après le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, les hommes seraient plus nombreux à avoir une personnalité antisociale que les femmes.

Le taux de prévalence globale de la personnalité antisociale sera de 4 % dans la population générale selon ce document.

 

(1) America Psychatric Association